Abonné

Biocarburants Tereos s’investit dans la seconde génération d’éthanol

- - 4 min

Le sucrier coopératif Tereos a déjà un pied dans la seconde génération de production d’éthanol, ont indiqué ses dirigeants industriels dans l’usine de Lillebonne (Seine Maritime) le 25 septembre à la presse et aux élus. Déjà en effet, cette usine hydrolyse une partie des sons et utilise du blé fourrager au lieu du blé meunier.

Avec son usine de Lillebonne, près du Havre, dédiée à la production d’éthanol à partir de blé, la seconde génération est déjà une réalité pour Tereos, premier groupe sucrier français. « Nous nous orientons pas à pas vers la seconde génération de production d’éthanol », a expliqué Pierre-Christophe Duprat, directeur général de la transformation des céréales de Tereos. Il s’exprimait à l’occasion d’une visite d’élus politiques et de journalistes le 25 septembre sur le site de Lillebonne.
Les enzymes commencent déjà à s’attaquer à la cellulose
L’usine de Lillebonne, la première grande usine d’éthanol « pur blé » (avec 760 000 tonnes de blé mis en œuvre par an), commence à transformer les sons en alcool, grâce à des enzymes capables désormais de s’attaquer à cette partie « coriace » du blé.
Jusque là, les enzymes mis au point par les sociétés de biotechnologies ne pouvaient que dégrader des amidons ou des sucres, parties « tendres » contenues dans les principales plantes comestibles. Maintenant, grâce à l’innovation « qui a lieu quasiment tous les jours », a cité Pierre-Christophe Duprat, les enzymes sont capables aujourd’hui de transformer les sons, c’est-à-dire l’enveloppe du grain. Cette enveloppe est essentiellement composée de cellulose, autrement dit la matière de base de la seconde génération de production d’éthanol.
Avec des céréales moins chères
Résultat de ces avancées technologiques : « Aujourd’hui, avec du blé fourrager, nous obtenons de meilleurs rendements d’éthanol qu’en 1993 (lors des premiers essais industriels avec le blé) avec du blé meunier », a poursuivi le dirigeant.
L’usine de Lillebonne est donc en mesure d’utiliser des céréales « moins nobles » et en tout cas moins chères : du blé fourrager mais aussi de l’orge, et bientôt du triticale, céréale à haut rendement. Cela aussi pour répondre à la demande des agriculteurs membres du groupe coopératif, qui cherchent à élargir la palette des valorisations des céréales moins cotées que le blé meunier.
« Toutes les discussions médiatiques sur la première génération qui est mauvaise et la seconde génération qui est bonne sont un faux débat », a commenté le directeur « transformation des céréales » de Tereos. « Si l’on veut être exact, nous en sommes actuellement entre la première génération et la première génération et demie, mettons à 1,1 ou 1,2 ».
Quant à l’éthanol lui-même, sa valorisation a tendance à augmenter : quand le pétrole est cher, il intéresse alors l’industrie chimique pour la fabrication de solvants entre autres. Lorsque le baril de pétrole a dépassé les 100 dollars, comme cela a été le cas il y a deux ans, « nous avons vu venir des chimistes prêts à tester l’éthanol ». Le prix du baril est retombé, les chimistes sont repartis, « mais nous savons qu’à partir de 100 dollars le baril, le champ de nouvelles valorisations s’ouvre, avec plus de valeur ajoutée ».
L’usine de Lillebonne, mise en service fin juin 2007, a dépassé ses objectifs initiaux de 8 000 hectolitres d’éthanol par jour en moyenne. Elle atteint une production moyenne de 8 200 hectolitres/ jour, avec des pointes à 9 000.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.