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Tereos tourne la page des volumes au profit de la marge

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Le groupe sucrier Tereos, dont la gouvernance a changé ces derniers mois, a présenté sa nouvelle stratégie d’ici 2024. Au programme<0x2009>: meilleure rémunération des coopérateurs, valorisation des produits, synergie entre les métiers et fin de la croissance externe. Le dernier exercice affiche une perte de 133 millions d’euros.

Le changement se poursuit chez Tereos. Après la crise au sommet de la coopérative, le départ du président du directoire Alexis Duval fin 2020, et la mise en place d’une nouvelle gouvernance autour de Gérard Clay comme président du conseil de surveillance et Philippe de Raynal comme président du directoire, Tereos a présenté les résultats de son dernier exercice, marqué par une perte. Des résultats qualifiés « d’insuffisants » par Gérard Clay, à l’occasion de leur présentation le 2 juin.

Pour le dernier exercice 2020/2021 (clos le 31 mars) la coopérative a publié une perte nette de 133 millions d’euros, « impacté notamment par 76 millions d’euros de dépréciations d’actifs », explique Tereos. Le chiffre d’affaires, à 4,317 milliards d’euros, progresse de 1 % à taux de change constant, mais est en recul de 4 % à taux de change courant. La campagne agricole a été excellente au Brésil mais en recul en Europe, à cause de la météo défavorable et de la jaunisse virale. Grâce à la hausse des prix du sucre, de l’alcool et de l’éthanol, des progrès opérationnels et une baisse des marges sur l’amidon, Tereos est parvenu à faire progresser de 11 % (à taux de change constant) son Ebitda ajusté à 465 millions d’euros. L’endettement financier net atteint 2,533 milliards d’euros, en recul de 24 millions d’euros.

La nouvelle équipe à la tête de Tereos a constaté que les résultats 2020/2021 montrent que le groupe n’avait pas achevé son adaptation à la période qui a suivi la fin des quotas. Et a annoncé une nouvelle stratégie, élaborée suite à plusieurs audits commandés par les nouveaux dirigeants. « On tourne la page de la stratégie de volumes pour une stratégie de marge en valorisant mieux les produits », a indiqué Philippe de Raynal. « On le déploie dans l’amidon et on va le faire dans le sucre » a-t-il poursuivi. L’excellence opérationnelle peut encore être approfondie, ainsi que les synergies entre les métiers de l’amidon et du sucre, en Europe et au Brésil. « Avec notre plan stratégique, l’orientation est clairement donnée vers la création de valeur, la rentabilité des activités et la maîtrise de l’endettement », a-t-il souligné.

Retrouver des marges de manœuvre

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Le groupe confirme ses piliers stratégiques que sont les activités dans le sucre en Europe et au Brésil, et celles dans l’amidon et les produits sucrants en Europe. Ces activités concentreront ses investissements industriels à venir.

Dans un premier temps, le groupe va se concentrer sur le commercial et l’organisation, avant de passer à l’excellence opérationnelle et la réduction de la dette financière. À l’horizon 2024, Tereos devra atteindre une marge d’Ebit de 5 % (2 % à fin mars 2021), générer un free cash flow positif de façon récurrente, faire descendre son endettement net au-dessous de deux milliards d’euros (2,533 milliards d’euros à fin mars 2021) et présenter un levier d’endettement inférieur à 3x (5,5x à fin mars 2021).

Pour réaliser son ambition, la nouvelle direction devra trouver des marges de manœuvre, notamment par la maîtrise des frais généraux. « Des options de cessions peuvent être étudiées et peuvent être réalisées », a prévenu Philippe de Raynal. Interrogé sur de potentiels désengagements en Asie évoqués ces derniers temps, il a répondu : « Aujourd’hui, on ne commente aucune situation particulière, que ce soit en Afrique, en Asie, en France ou ailleurs ». Gérard Clay a indiqué de son côté qu’aucun projet de fermeture d’usine n’était prévu en France.