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Entreprise Tereos : une croissance portée par la diversification des activités

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Avec un chiffre d’affaires en croissance de 14% à plus de 5 milliards d’euros sur l’exercice 2011-2012, la coopérative Tereos est en pleine croissance. Si la hausse des rendements en betteraves, et plus globalement celle des cours du sucre, ont soutenu cette tendance, la diversification des métiers du groupe lui confère une certaine solidité.

«Nous avons réalisé de bonnes performances sur l’exercice 2011-2012 avec un chiffre d’affaires de plus de 5 milliards d’euros », déclarait Alexis Duval, président du comité exécutif de Tereos, lors d’une présentation des résultats consolidés du groupe à Paris le 24 janvier. Selon lui, les bases solides de l’entreprise reposent sur la restructuration industrielle du groupe réalisée entre 2005 et 2007, engendrant la fermeture d’usines et la réduction du nombre de planteurs de 15 000 à 12 000. « Cette restructuration a permis une hausse de la productivité », a souligné Alexis Duval. L’internationalisation du groupe ainsi que le développement de son portefeuille produits ont soutenu la croissance de la coopérative.

Une conjoncture favorable

Montrant des volumes en hausse pour l’exercice 2011-2012, Alexis Duval a indiqué que le groupe avait transformé 19,1 millions de tonnes (Mt) de betteraves en Europe, après une production record. La transformation de céréales a aussi progressé à 3,9 Mt. En revanche, la récolte de canne transformée par Tereos au Brésil a baissé sur l’exercice à 16,3 Mt. La hausse des cours mondiaux du sucre a aussi soutenu cette tendance à l’amélioration du résultat, celui-ci atteint 313 M€, en progression de 32% en 2011-2012. Montrant une forte hausse des compléments de prix et dividendes aux associés coopérateurs, passant de 74 M€ en 2010-2011 à 110 M€ en 2011-2012, Alexis Duval a indiqué que la recette moyenne des associés coopérateurs de Tereos était au plus haut depuis le début des années 2000 à 3798 €/ha.

Les faits marquants en 2011-2012

En France, le groupe s’est engagé sur 2011-2012 dans un programme de réduction des coûts énergétiques dans la transformation de la betterave, qui représente 30% des coûts de transformation. Au Brésil, le plan Guarani, jusqu’à 2015-2016, consistera à améliorer les coûts de production en mécanisant et automatisant certains processus. Une réaction face à une forte hausse des salaires au Brésil ces dernières années, selon Alexis Duval. La production d’énergie par cogénération est aussi lancée au Brésil. Par ailleurs, le lancement de nouvelles unités de production d’amylacées, d’alcool ou de bétaïne ont aussi marqué l’exercice. Ainsi, aujourd’hui 53% du chiffre d’affaires de Tereos est généré par les produits sucrants, issus de la betterave, de la canne ou des céréales. L’alcool compte pour 19%, l’amidon 6%, les co-produits 8% et les autres activités pour 14%, dont le trading ou la vente d’électricité.

Perspectives pour 2012-2013 et après

Pour l’exercice en cours, Tereos a traité 14,5 Mt de betteraves en France et 2,6 Mt en République Tchèque. Au Brésil, les volumes de canne transformés sont en hausse de 12% à 18,2 Mt au 31 décembre 2012. Dans l’océan Indien et en Afrique, les volumes de canne traités sont globalement stables à 2,61 Mt. En céréales, les volumes croissent légèrement à 3,9 Mt et le groupe fait état d’une montée en puissance de la cadence sur l’usine de Lillebonne sur le gluten. Cette même usine, créée à l’origine pour produire de l’éthanol à base de céréales, va aussi démarrer la production de dextrose sur l’exercice en cours. Enfin, le marché mondial du sucre est attendu excédentaire en 2012-2013. Pour améliorer ses débouchés le groupe mise sur la consommation en hausse d’éthanol au Brésil. Le pays, dont la consommation de carburant progresse, va passer son taux d’incorporation d’éthanol dans l’essence de 20 à 25%. En revanche, l’Europe voit globalement sa consommation de sucre se stabiliser, sauf dans des pays déficitaires comme la Roumanie où Tereos est en train de s’implanter. L’idée est aussi de satisfaire la demande de pays voisins de la Roumanie comme la Grèce. Enfin, la révision en cours de l’objectif d’incorporation de l’éthanol au sein de l’Union européenne de 10 à 5% pourrait affecter la rentabilité des outils industriels de la coopérative, Tereos indiquant qu’à 7% les outils industriels existants seraient saturés.

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