A l’issue d’un bon exercice 2009/2010, marqué notamment par la création de Tereos Internacional, le partenariat avec Petrobras, les développements au Brésil et à la Réunion ainsi que par une campagne de betterave record, Tereos entend plus que jamais compter parmi les leaders du marché brésilien et rendre la betterave compétitive par rapport à la canne. Le groupe coopératif a par ailleurs annoncé la cession de Quartier français Spiritueux au groupe La Martiniquaise (voir ci-après).
Tereos a réalisé un chiffre d’affaires de 3,53 Mds EUR en 2009/2010, en progression de 6,7 %. L’Ebitda ajusté, à 596 M EUR, a progressé de 35 %. Le résultat net avant compléments de prix, à 200 M EUR, bondit de 127 %. Après complément de prix (soit 50 M EUR), il s’élève à 150 M EUR, soit un doublement par rapport à l’exercice précédent. Pour 2010/2011, 72 M EUR de suppléments et compléments de prix sont prévus.
« En 1999/2000, le chiffre d’affaires était de 700 M EUR et l’Ebitda ajusté de 100 M EUR, a rappelé Philippe Duval, président du directoire, lors de la présentation des résultats. Le chiffre d’affaires a crû de 16 % en moyenne depuis et l’Ebitda ajusté de 17 %. »
En termes de répartition de l’activité, la betterave (+3,5 %) a contribué à hauteur de 42,5 % au chiffre d’affaires, les céréales (amidon et alcool/éthanol, - 9,5 %) à hauteur de 34,9 % et la canne (+ 59 %) à hauteur de 22,4 %. Le chiffre d’affaires de l’activité sucre a progressé de 14,1 % grâce à des effets de prix de périmètre et de change favorables ainsi qu’à des volumes en progression, tant au Brésil qu’en Europe. Les céréales ont pour leur part souffert de la baisse des prix des produits amylacés, partiellement compensée par la progression des ventes d’alcool / éthanol. La part de la canne a augmenté par rapport à l’exercice 2009/2010 (elle était de 15 %), notamment grâce aux acquisitions, celle de la betterave est restée stable et celle des céréales à baissé. « La production de sucre au Brésil et à la Réunion est équivalente à celle réalisée en Europe, mais elle est moins bien valorisée », souligne Philippe Duval. 70 % de l’activité de Tereos est liée à des activités alimentaires, les 30 % restants étant générés par l’éthanol et la cogénération. « La part du non alimentaire a augmenté depuis 2000, mais la répartition est maintenant stable », indique Alexis Duval, directeur international et financier.
En termes de rentabilité, l’Ebitda ajusté de la betterave, à 300 M EUR, a progressé de 74,6 %, sa part dans le total passant de 39 % à 50,3 %. Cette bonne performance est due à une forte croissance des ventes, à une diminution des coûts de production et la bonne qualité de la betterave sur la campagne 2009/2010. L’Ebitda ajusté de la canne, à 157,8 M EUR, a progressé de 66,2 %, grâce à la hausse des prix du sucre, à des conditions de marché favorables pour l’alcool au Brésil et à une hausse des volumes à la Réunion. La part de la canne dans l’Ebitda ajusté est passée de 21,5 % à 26,5 %. Les céréales ont vu leur Ebitda ajusté perdre 17,1 %, à 145,5 M EUR, leur part passant de 39 % à 24,4 %. En cause, l’augmentation du prix des céréales, indique le groupe.
Tereos a par ailleurs amélioré sa situation financière au cours de l’exercice. Le ratio dette nette / Ebitda ajusté est passé de 3,8 en 2008/2009 à 3,28 en 2009/2010 (il était de 4,7 en 2007/2008).
Le Brésil au cœur du développement
L’exercice 2009/2010 conforte donc Tereos dans sa stratégie de développement, qui mise beaucoup sur le Brésil, où le groupe affirme occuper le troisième rang sur le marché du sucre. « Le marché du sucre au Brésil a connu un mouvement de consolidation et d’internationalisation sans précédent, rappelle Philippe Duval. Tereos est le seul sucrier à avoir réussi à s’immiscer dans le jeu brésilien. Nous voulons faire partie des leaders du secteur. » En face du groupe coopératif, des multinationales et des traders comme Dreyfus, Wilmar, Bunge, Glencore, Cargill ou encore Noble Group, mais aussi des pétroliers comme Shell, BP et Petrobras, qui a justement choisi de s’allier avec Tereos, pour développer la production de biocarburants ainsi que la cogénération. Malgré une consolidation accélérée ces dernières années, le marché brésilien reste très atomisé, avec 434 sites de production détenus par 200 groupes, indique le groupe coopératif.
Vers la cotation de Tereos Internacional à Paris
Pour se donner les moyens de son développement, Tereos a justement créé Tereos Internacional cette année, qui regroupe les activités canne et céréales. Cotée à la bourse de Sao Paulo, l’entreprise devrait également être introduite à Paris. « L’objectif est de renforcer nos fonds propres mais nous n’avons pas de contrainte de temps », explique Philippe Duval, qui assure que les coopératives céréalières (1) impliquées dans Tereos Agro-Industrie auraient d’ores et déjà manifesté leur intérêt. « Nous avons utilisé environ 50 % des 725 M EUR de Petrobras. Nous avons les moyens financiers de faire de Tereos un des leaders du marché brésilien. La levée de fonds surviendra », assure-t-il. Selon certaines sources, elle pourrait être organisée avant la fin de l’année. Pour rappel, ces coopératives céréalières détiennent 23,20 % de Tereos Agro Industrie, actionnaire à 82,6 % de Tereos Internacional. L’exercice 2009/2010 a vu l’élargissement du périmètre de Tereos en sucre de canne, avec l’acquisition de Quartier Français à la Réunion ainsi que le démarrage de la sucrerie Tanabi et l’acquisition de Vertente et Mandu au Brésil.
Outre le sucre, Tereos envisage de développer les amylacés au Brésil. « Le marché est d’environ 1,8 M t, en croissance de 5 à 10 % par an. En Europe, il est de 10 M t, en croissance de 2 à 3 % par an seulement », précise Pierre-Christophe Duprat, en charge des activités transformation des céréales. Un investissement d’environ 100 M EUR est prévu pour mettre le pied sur le marché brésilien. Si la croissance interne est privilégiée au Brésil, des opérations de croissance externe sont également envisagées, ainsi qu’en Europe de l’Est.
Bonne tenue du marché du sucre
Au total, l’activité sucre de Tereos pèse 1,5 Md EUR en Europe et 1 Md de dollars au Brésil. Dans les deux cas, 90 % de l’activité est générée par la vente aux industriels et 10 % par le sucre de table. En France, le groupe pèse 29 % du sucre vendu en GMS (avec ses marques propres et les MDD.
« Les marchés se portent bien. Le cours du sucre n’a jamais été aussi haut. La réforme depuis trois ans a misé gros sur les importations pour couvrir la consommation européenne mais du fait de l’évolution des cours, elles ne suivent pas. Il y a eu un début de pénurie au Portugal il y a quelques semaines et des tensions se font sentir au Royaume-Uni. La Commission devrait bientôt autoriser la vente de sucre hors quotas », explique Yves Belegaud, directeur de Tereos France. Et demain, Tereos espère bien rendre la betterave aussi compétitive que la canne.
Une politique active de partenariats
Tereos a par ailleurs renforcé sa dynamique de partenariats. 15 M EUR ont été investis dans la distillerie de la vallée de l’Oise pour une production pour alcools blancs destinée exclusivement à Bacardi (notamment pour la vodka Grey Goose). Tereos, qui se présente comme le leader européen des alcools surfins de blé destinés à l’industrie des spiritueux avec une part de marché de 40 % investit par ailleurs dans une distillerie de blé à Selby, au Royaume-Uni.
Au rang des partenariats également, la construction avec Danisco d’une unité d’extraction de bétaïne à partir de la vinasse, co-produit issu de la distillation, sur le site d’Origny.
Le groupe s’est également associé à Pure Circle, leader mondial de la stevia, dont il est le distributeur exclusif pour les clients industriels en France, en Belgique, en Italie, en République tchèque et au Brésil via la joint-venture Tereos PureCircle Solutions. En France, la stevia est utilisée dans la gamme Ligne de Béghin Say. Associée à du sucre, elle permet de réduire l’apport calorique de 50 %. Si le marché démarre doucement en France en ce qui concerne les boissons, le groupe estime que l’autorisation de l’Efsa, attendue au cours du premier semestre, devrait accélérer l’utilisation de la stevia. Dans le registre des partenariats enfin, la raffinerie d’Olmedo en Espagne, avec la coopérative Accor, a été inaugurée.
Concernant les investissements, on peut également retenir les 60 M EUR injectés à Lillebonne pour produire du gluten de blé destiné à l’alimentation et compenser la faible valorisation de l’éthanol.
(1) Agrial, Axéréal, Cap Seine, Cohesis, Comptoir Agricole de Hochfelden, Noriap, Thémis Agro-Industrie (Ax’ion, Cerena, Océal, Valfrance) et Unéal; soit 40 000 céréaliers au total, représentant 25 % de la collecte de blé en France
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