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Terre Exotique investit dans un voilier pour transporter ses épices

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Erwann de Kerros, dirigeant de la marque d’épices Terre Exotique, a réaménagé un ancien voilier de course transatlantique pour acheminer ses matières premières. Un moyen plus rapide et moins polluant qu’un porte-containers.

Terre Exotique, dont la signature commerciale est « Civilisations & gastronomie », continue de tracer ses propres routes des épices. La marque tourangelle vient de dévoiler qu’elle s’était dotée d’un voilier de course pour aller chercher ses matières premières. « Nous avons investi dans un voilier Imoca de 60 pieds de 1998, mais plus assez rapide pour les compétitions d’aujourd’hui, que nous avons réaménagé pour transporter nos matières premières », explique Erwann de Kerros, fondateur de la marque Terre Exotique en 1998 (et de la société mère Kerex), et lui-même navigateur. Le voilier a déjà réalisé une traversée de l’Atlantique pour aller chercher du poivre à Salvador de Bahia, au Brésil, et il est actuellement en route pour la Crète afin d’y chercher des herbes sauvages : thym, romarin et origan. Bientôt, il prendra le chemin de Tunis afin de charger de l’eau de fleur d’oranger. Les marchandises sont ensuite débarquées à Toulon et acheminées par la route jusqu’à Notre-Dame-d’Oé, à côté de Tours, où se trouve le site de production.

« Nous prévoyons prochainement une traversée de l’Atlantique pour rejoindre le Québec où nous irons chercher les ingrédients de notre mélange du trappeur », prévoit Erwann de Kerros. Pour ce voyage, le chef d’entreprise prévoit d’acheminer, lors du trajet aller, une cargaison de produits finis pour son distributeur canadien.

Acheminé à la force des vents

Avec son « programme Eole », Erwann de Kerros veut valoriser un moyen de transport plus rapide et moins polluant qu’un porte-containers. Il va le faire savoir en ajoutant un sticker sur les produits finis concernés par ce mode de transport. Et cela sans surcoût sur ses tarifs. L’investissement dans le bateau et son réaménagement représentent environ 200 000 euros selon le dirigeant de Terre Exotique, et ont été partagés avec les sirops Monin (Terre Exotique est le distributeur des sirops Monin en épiceries fines) et B2P Web (bourse de fret pour les professionnels).

En 2020, Terre Exotique a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros auprès des épiceries fines, dont 30 % à l’international. « Chaque année, nos ventes progressent de 10 % en environ », explique Erwann de Kerros, estimant que la crise du Covid-19 a plutôt poussé les clients vers les commerces de proximité qui ont davantage fait attention à ce qu’ils achetaient. Les poivres constituent une spécialité pour l’entreprise, dont le catalogue comprend environ 500 références différentes.