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Viande/Stratégie Terrena crée Elivia, n°2 de la viande bovine

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Pour tenter de résister au géant Bigard (4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires), Terrena vient de créer Elivia, une nouvelle structure qui regroupe Terrena Viande, Soviba et Scabev. L’ensemble des activités d’Elivia (« Eli » pour élevage et « via » pour viande) pèsera 770 millions d’euros en 2009 et 210 000 tonnes de produits. Pour poursuivre sa croissance sur ses différents circuits de distribution, Elivia compte accentuer son positionnement en viandes à haute valeur ajoutée : la nouvelle entité compte passer d’ici 2015 l’ensemble de sa production en cahiers des charges de qualité. Dans ce but, le groupe industriel va bénéficier de 60 millions d’euros d’investissements pour la modernisation de ses outils, dont 30 millions d’euros dans le site de Lion-d’Angers (49). Autre objectif pour la coopérative d’Ancenis : acquérir les cinq sites que Bigard doit céder suite à l’acquisition de Socopa en février dernier. Terrena est le seul groupe à avoir fait une offre pour le moment.

Terrena vient d’annoncer la naissance d’Elivia, la nouvelle structure regroupant Terrena Viande, Soviba et Scabev. Les fonctions administratives et commerciales de ces entités seront regroupées, mais juridiquement elles resteront distinctes. « L’ensemble des sites seront conservés et la création d’Elivia n’aura aucun impact social », précise d’emblée Christophe Couroussé, directeur de la communication de la coopérative. Les équipes commerciales devraient même être renforcées. Les activités commerciales d’Elivia seront organisées en quatre réseaux : viande prête à découper (PAD), commerce traditionnel (cheville), produits élaborés et export. Pour résister au leader Bigard, Terrena a donc choisi de faire évoluer sa stratégie. La coopérative souhaite devenir la référence des viandes à haute valeur ajoutée en passant d’ici cinq ans un quart de sa production en marques, labels rouges, AOC ou bio.

Le numéro 2 de la viande

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En 2009, l’ensemble de la filière viande bovine de Terrena a réalisé 770 millions d’euros de chiffres d’affaires et commercialisé 210 000 tonnes de produits, dont 170 000 tonnes de viandes bovines (35 000 tonnes de produits élaborés) et 40 000 tonnes de porcs. Elivia est donc numéro deux de ce secteur, loin derrière Bigard. Le leader français, depuis le rachat de Socopa qu’il détient désormais à hauteur de 60 % (1), réalise un chiffre d’affaires d’environ 4,5 milliards d’euros, avec une production d’1 million de tonnes de viande. « L’émergence de ce leader nous a poussé à créer Elivia, pour avoir une entité unique de l’amont à l’aval », explique Christophe Couroussé. Ce groupe industriel unifié détient 14 usines approvisionnées par 5 000 éleveurs bovins et porcins.


60 millions d’euros d’investissement
Pour renforcer son rôle de numéro 2 du marché français de la viande bovine et continuer à progresser sur le marché européen, Elivia va bénéficier d’une enveloppe de 60 millions d’euros d’investissements pour la modernisation de ses outils d’ici 2015. Cette année, le groupe avait déjà investi 6 millions d’euros dans l’usine de Lion-d’Angers (49), pour la refonte totale de la chaîne d’abattage. Celle-ci peut désormais tourner au rythme de 3 000 bovins par semaine. 30 millions d’euros devraient être consacrés à ce site, qui est aussi le siège administratif d’Elivia, dans les cinq prochaines années.

Négociations avec Bigard
Pour se renforcer sur le plan industriel, Elivia compte également acquérir les usines que Bigard est obligé de céder. « Nous avons déposé une offre pour l’ensemble des sites. Nous attendons la décision de Bigard », confirme Christophe Couroussé. En février dernier (2), la DGCCRF a demandé à Bigard de se désengager de cinq usines, estimant que le groupe a une position dominante sur les produits élaborés dans l’est et le nord de la France. Bigard doit se séparer de son usine de Vitry-le-François dans la Marne et de celle de Nœux-les-Mines dans le Pas-de-Calais. Les usines appartenant à Socopa (Mirecourt et Eloyes dans les Vosges ; Verdun dans la Meuse) doivent également être cédées. Au départ la DGCCRF avait donné un délai de six mois à Bigard pour vendre ces cinq sites. Les négociations trainent donc en longueur, malgré la volonté de Terrena. Par ailleurs, Gérard Cladière, qui dirigeait jusqu’à présent la filière porc de Bigard, vient de quitter le groupe pour prendre la direction commerciale d’Elivia.

Objectif : 20 % de croissance
La coopérative d’Ancenis a en effet besoin des sites de Bigard pour être à la hauteur de ses ambitions. « Nous visons une hausse de notre chiffre d’affaires de 20 % par an pendant les cinq prochaines années, grâce à la croissance interne et externe », affirme Christophe Couroussé. Elivia affiche donc une belle confiance en l’avenir, alors que son chiffre d’affaires est resté stable entre 2008 et 2009. Outre ses lourds investissements et sa potentielle croissance externe, la filière viande bovine de Terrena compte également sur la force de ses marques et de ses produits pour faire augmenter son chiffre d’affaires.

Reconfiguration d’Anvial
Elivia (compression des mots « élevage » et « viande ») est le nom de la nouvelle entité regroupant l’ensemble des activités viande bovine de Terrena, mais en aucun cas une nouvelle marque. Les produits d’Elivia sont commercialisés sous les marques Tendre et plus et d’Anvial. Cette dernière vient d’être reconfigurée. « Elle va désormais s’élargir aux autres pôles de Terrena », indique Christophe Couroussé. D’Anvial proposera l’ensemble des viandes de la coopérative (bœuf, agneau, porc, veau, volailles) au réseau commercial traditionnel des chevilles. Terrena souhaite que cette marque soit implantée dans une centaine de boucheries d’ici la fin du premier trimestre 2010.

Succès de Tendre et plus
Tendre et plus est quant à elle la marque destinée à la grande distribution et à la RHD depuis le début de l’année 2009. « Tendre et plus fonctionne bien, notamment grâce au succès de nos innovations. Nous allons continuer sur cette lancée en lançant plusieurs innovations en 2010 », annonce Christophe Couroussé. Ces derniers mois, Tendre et plus a lancé notamment des steaks hachés aux couteaux, « Le tartare façon brasserie » préparé aux couteaux à partir de muscles sélectionnés, des steaks aux pépites de fromages et des brochettes de bœuf bouchères aux légumes (courgettes, tomates, pommes de terre). Des innovations qui correspondent au plan « Vision 2015 » (2) de Terrena, lancé en 2008 et dont l’un des principaux buts est le développement de la nutrition santé.

(1) Cf Agra alimentation n° 2055 du 26/02/09 p 20
(2) Cf Agra alimentation n° 2071 du 25/06/09 p 20