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Filière Terrena veut doubler sa surface en lupin pour répondre à une forte demande

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Après avoir mis en place une filière intégrée, depuis la semence jusqu’à la transformation, Terrena veut passer de 2 500 à 5 000 ha de lupin blanc d’ici 2015. Seuls 40 % des débouchés sont aujourd’hui couverts. Le lupin, qui peut se substituer au soja, dispose de nombreux atouts nutrition santé en alimentation animale et humaine.

Le groupe coopératif Terrena appuie sur l’accélérateur dans sa filière lupin, une alternative au soja dotée de nombreux atouts nutrition santé en alimentation animale et humaine. « Nous voulons doubler la surface en culture à l’horizon 2014/2015, annonce Philippe Marquis, responsable de la filiale Lup’ingrédients. Il s’agit de passer à 5 000 ha de lupin blanc pour répondre à l’explosion de la demande. » Après avoir fait renaître cette légumineuse il y a 20 ans, sélectionner des graines les mieux adaptées au terroir (un gros quart nord-ouest), mis sur pied un itinéraire technique, une usine de transformation, tout est prêt pour passer à la vitesse supérieure. Y compris, chose rare, une filière où l’offre est loin de couvrir la demande et où la rémunération des agriculteurs demeure attractive. « Actuellement la production, avec 250 adhérents pour 2 500 hectares, ne couvre que 40 % des débouchés, nous avons besoin de trouver de nouveaux cultivateurs », souligne-t-il.
 
L’enjeu de la ressource en protéines
Terrena dispose, depuis trois ou quatre ans, d’une filière en ordre de marche, intégrée depuis la semence certifiée jusqu’à la transformation en ingrédients alimentaires. Elle s’appuie sur la contractualisation, avec un prix de 400 euros la tonne de lupin blanc sur la dernière récolte, offrant au producteur une marge compétitive par rapport au colza, certes un peu mieux payé mais générant plus de charges. Son marché est porteur. « La ressource en protéines devient un enjeu crucial, estime Philippe Marquis. Avec une demande accrue en soja, notamment de la Chine, le tourteau est passé en trois ans de 280 à 480 euros/t. C’est une hausse structurelle. » Des tensions existent aussi sur les cours du lupin. Le produit est surtout utilisé en Hollande, Allemagne, Italie pour la consommation humaine. Problème, les disponibilités venant d’Australie reculent, sous l’influence de la météo et d’un arbitrage en faveur de l’aquaculture. Cela se traduit par un prix du lupin bleu multiplié par deux en trois ans. Utilisé dans l’agroalimentaire, le lupin enrichit les produits en protéines et en fibres insolubles. Il aide à améliorer leurs qualités gustatives et visuelles (goût, aspect, texture). Son incorporation permet de remplacer une partie des œufs, de la matière grasse ou des additifs de type émulsifiants ou colorants, le tout sans gluten. Le lupin présente aussi un intérêt reconnu en nutrition animale, grâce notamment à un bon équilibre en acides gras. Troisième champ de développement, les coques de ses graines présentent une importante concentration en lupéol, un actif de plus en plus utilisé en cosmétique.
 
Des atouts agroenvironnementaux
« Le lupin répond bien au verdissement de la Pac, en permettant une diversification des cultures, ajoute le responsable. Il est en phase avec la démarche EcoPhyto 2018. » Philippe Marquis ne tarit pas d’éloges sur cette plante qui permet de produire des « protéines de terroir », et qui, en tant que légumineuse, fixe l’azote de l’air et le laisse dans le sol, après l’avoir fissuré grâce à sa racine pivot, favorisant l’enracinement de la culture suivante. C’est une tête d’assolement. Une plante qui ne nécessite en outre, une fois sa culture maîtrisée, que très peu d’intrants par rapport à ses concurrentes.

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