La plupart des grandes entreprises laitières ont transmis leur projet de contrat aux éleveurs. Sauf quelques exceptions, ces contrats incluent des dispositifs proprement léonins, c’est-à-dire mettant le producteur de lait sous une très forte dépendance à l’égard de la laiterie. La stratégie des entreprises est classique. Certaines tentent dans un premier temps d’imposer une loi rigoureuse, sachant qu’ensuite on négociera et on obtiendra plus que si on avait d’abord adopté une position de conciliation. D’autres veulent peut-être tout simplement torpiller la contractualisation.
En tout cas, une négociation devrait commencer. Elle aura valeur de test. Le syndicalisme majoritaire est tenté par une attitude dite de responsabilité, misant sur des négociations apaisées. On peut le comprendre. La filière laitière est marquée depuis longtemps par une tradition de négociation que ses membres veulent conserver. Mais n’y a-t-il pas des limites ?
En proposant des contrats tels qu’ils sont aujourd’hui, les laiteries n’ont-elles pas fait preuve d’une réelle violence face à des éleveurs souvent désarmés tant que les organisations structurées, les fameuses OP, ne sont pas en place.
Vouloir négocier ne signifie-t-il pas, aussi, réagir, de manière proportionnée, c’est-à-dire avec une certaine force ? Autrement, le syndicalisme majoritaire pourrait se retrouver dans une situation identique à celle de l’automne 2009 où, à force de vouloir préserver l’accord du 3 juin, il a laissé le champ libre à la contestation de l’Apli dont il n’est pas encore tout-à-fait remis. Vouloir négocier absolument c’est bien. Mais certains syndicalistes soulignent que cela n’empêche pas de taper, dans un premier temps, du poing sur la table.
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