Le gouvernement thaïlandais sur la sellette a défendu le 5 février un programme controversé d'aide aux riziculteurs après l'annulation par une entreprise chinoise d'une commande d'1 Mt de riz en raison d'une enquête anti-corruption. Le gouvernement de Yingluck Shinawatra, dont l'électorat vient principalement des régions pauvres du nord et du nord-est du pays, avait décidé fin 2011 d'acheter le riz aux paysans à un prix largement plus élevé que les cours mondiaux afin d'augmenter leurs revenus, respectant ainsi une promesse électorale. Ce programme, qui a coûté à la Thaïlande son rang de premier exportateur mondial de la céréale, a contribué largement aux accusations de corruption généralisée brandies par les manifestants dans la rue depuis trois mois pour réclamer la tête de Yingluck. Et plusieurs procédures judiciaires, notamment liées à ce programme, pourraient faire tomber le gouvernement. Le ministère du Commerce a expliqué que l'entreprise chinoise avait renoncé au contrat en raison des poursuites pour corruption entamées contre plusieurs responsables dans ce dossier, dont l'ancien ministre du Commerce. Le tenant actuel du portefeuille, Niwatthamrong Boonsongpaisal, a toutefois tenté de calmer les inquiétudes concernant la capacité du gouvernement à écouler les stocks de riz, estimés à près de 20 Mt, précisant qu'un contrat séparé de 1 Mt avec Pékin était maintenu. Il a également annoncé une vente aux enchères de 400 000 t prochainement. Le gouvernement a désespérément besoin d'argent pour payer les riziculteurs auxquels il a promis d'acheter les récoltes.
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