Une nouvelle fois, la table ronde censée apporter des « solutions d’urgence » à la crise « temporaire » du prix du lait payé aux éleveurs aura finalement accouché d’une souris. «On ne peut pas dire que ça se soit superbement bien passé » a même du concéder Stéphane Le Foll, dès le lendemain devant la commission des Affaires économiques du Sénat. Il n’était guère plus enthousiaste, la veille à l’issue de la réunion, faisant le bilan devant la presse. Il s’empressait même de céder le micro à son ministre délégué pour en tirer les maigres conclusions. Les deux ministres avaient peut-être à cet instant une pensée envieuse pour leurs homologues allemands ou britanniques. Ceux-ci ne sont pas tenus de recevoir à une cadence métronomique les doléances du DBV ou de la NFU. Ils ont la chance de voir les syndicats régler leurs problèmes sans qu’il soit nécessaire de nommer à chaque fois un ombudsman. Au seindes filières, que ce soit Aldi, Lidl, Sainsbury’s, Morrisson’s, Asda ou Tesco pour les distributeurs ou First Milk, Dairy Crest, Arla Foods (présent dans les deux pays) ou DMK pratiquent une réelle concertation et acceptent des révisions de prix en permanence. Il y a bien sûr des frictions, il faut se garder de tout angélisme. Mais la différence est cependant notable. Alors cherchons l’erreur chez nous. Il est temps de mettre un terme à ce jeu de rôles imposé qui n’est même plus un drôle de jeu. Il n’amuse, ni n’abuse plus les consommateurs qui ont cessé de croire, là également, aux chevaliers blancs dont certains voudraient bien endosser les habits. Ce serait un signe encourageant alors que vont s’engager prochainement les négociations sur une révision de la LMA et LME. Stéphane Le Foll ne semblait guère se faire d’illusions, il n’est sans doute pas le seul et c’est sans doute ce qui est le plus dommage et dommageable.

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