Le tribunal de commerce de Brest a examiné le 25 novembre les offres de reprise de l'abattoir de volailles Tilly-Sabco (320 personnes), en liquidation judiciaire, et annoncé la mise en délibéré de sa décision au vendredi 5 décembre. L'abattoir, situé à Guerlesquin (Finistère), a fait l'objet de quatre offres de reprise, prévoyant de sauvegarder de 40 à 270 emplois. Mais seuls trois repreneurs se sont présentés à l'audience qui se tenait à huis clos.
Une de ces offres émane du britannique MS Foods, en association avec la Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix et le fonds d'investissement Breizh Algae Invest. Destiné à accompagner le développement de la filière algues dans l'Ouest, ce fonds a été lancé par la PME bretonne Olmix (bien-être animal et substitution d'antibiotiques dans les aliments via les algues). Cette offre, qui a le soutien du comité d'entreprise de Tilly-Sabco, mentionne le maintien de 200 salariés. Elle prévoit la création d'une société, dont le capital serait détenu à parts égales entre les trois acteurs (1,5 million d'euros au total). Un investissement de 2,5 millions de la part de MS Foods et de Breizh Algae Invest interviendrait ensuite, a indiqué à l'AFP le président de la CCI Jean-Paul Chapalain. Le projet prévoit de produire du poulet, selon le rite halal ou non, frais, congelé et nourri aux algues.
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Deux autres offres ont été déposées : une offre saoudienne proposant la reprise de 85 salariés et une autre française émanant de la société Le Clézio qui maintiendrait 40 emplois. Pour rappel, Le Clézio, qui était en redressement judiciaire, a été repris par son directeur général en mars dernier. La quatrième offre, la plus intéressante en termes d'emplois maintenus (270), n'a pas été défendue mardi, aucun représentant ne s'étant déplacé, laissant penser à son retrait. Les difficultés de Tilly Sabco, dont 80% de la production étaient destinés au Moyen-Orient, remontent à la suppression en 2013 des aides européennes à l'exportation pour les poulets congelés, qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d'euros par an.