La filiale du groupe Roullier a présenté une nouvelle gamme d’intrants qui vise à améliorer la fertilité des sols en les « désoxydant » rapidement.
« Une première mondiale. » C’est par ses mots que le spécialiste de la nutrition des plantes Timac Agro (groupe Roullier) a présenté sa nouvelle gamme d’intrants Energeo lors d’une conférence de presse le 25 novembre. La technologie brevetée combine l’optimisation du pH et celle du potentiel d’oxydo-réduction (ou potentiel redox) des sols. Exprimé en milllivolts (mV), le redox « régit des échanges d’électrons dans le sol et dans la plante » et « traduit la fertilité électrique des sols », précise Sylvain Pluchon, directeur R & D en nutrition végétale chez Timac Agro. Et d’ajouter qu’il s’agit d’un « paramètre tout aussi clef que le pH pour la gestion de la fertilité des sols en agriculture ».
Afin de rendre compte de la situation redox des sols français, l’entreprise a produit « la première cartographie PH/redox de France, avec plus de 600 sols mesurés » depuis deux ans. Résultat : ils sont « moyennement à fortement oxydés », de 500 à 800 mV, là où l’optimum des potentiels redox se situe aux alentours de 400 mV. « C’est le résultat de plusieurs pratiques agricoles », précise Sylvain Pluchon, parmi lesquelles l’apport d’engrais, de produits phytosanitaires, la perte de matières organiques ou encore le labour.
Un « antioxydant » pour les sols
Pour y remédier, Timac Agro a développé la technologie baptisée ARM (active redox multisites). Elle permet de « désoxyder rapidement les sols » mais aussi de les « stabiliser », précise Maylis Radonne, directrice développement produits et communication chez Timac Agro. Elle se présente sous la forme de fins granulés (1,2/1,5 mm de diamètre) « qui agissent en deux heures », selon Sylvain Pluchon.
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La « fertilité électrique » est un champ de recherche nouveau, avec le chercheur du Cirad Olivier Husson comme « initiateur du sujet en France ». Il a « mis au même niveau le PH et le redox ces cinq dernières années », selon Sylvain Pluchon. « Il a beaucoup œuvré par son domaine de recherche [impliquant] les sols tropicaux déficitaires en matière organiques et que l’on sait, par leurs couleurs, très oxydés. »
Chez Arvalis, Christine Le Souder, ingénieure R & D spécialisée en fertilisation, reste réservée. Elle précise que « le potentiel Redox intervient dans le sol sur la mobilité et l’absorption des éléments dans la rhizosphère, au même titre que le pH ». Et d’ajouter que « jusqu’à présent, ce paramètre n’est pas apparu nécessaire pour expliquer des problèmes de nutrition par les plantes ». À propos de la méthode proposée, dit-elle, « nous n’avons pas, chez Arvalis, de références et de recul suffisant pour nous prononcer dessus ». « On est au début de l’histoire de recherche scientifique à ce sujet-là […] J’ouvre à la collaboration technique et scientifique avec les autres instituts », conclut Sylvain Pluchon.