« La croissance se confirme et s’accélère », se réjouissent les dirigeants de Tipiak. La hausse de 7% du chiffre d’affaires de la société bretonne au premier semestre 2006 après une progression de 3,6% sur l’année 2005 (à 124 millions d’euros) conforte leurs ambitions : tenir un rythme de + 5 à 7% par an jusqu’en 2008. Faisant face à une hausse du prix de certaines matières premières (40% pour les produits de la mer) et du coût de l’énergie, le groupe compte sur la croissance interne et sur les nombreuses synergies de savoir-faire qui sont encore à réaliser entre ses 7 sites de production pour aller de l’avant. Sans exclure à terme la possibilité d’une acquisition.
Après avoir suivi un rythme modéré de 4% en 2004 puis de 3,6% en 2005, la croissance du chiffre d’affaires de Tipiak va monter d’un braquet. Le groupe breton table en effet sur une progression de 5 à 7% de son activité jusqu’en 2008. Et pour 2006, son p.-d.g., Hubert Grouès, pronostique « une hausse des ventes dans le haut de la fourchette », de l’ordre de 7%. « Nous sommes sur une tendance forte de croissance », assure-t-il. Cet objectif s’inscrit dans le plan d’orientations stratégiques fixées pour les trois prochaines années, qui inclut également une « structuration de l’endettement » via une baisse du gearing (déjà ramené de 1,6 à 1,4 en 2005) et « la poursuite de la croissance des résultats ». Cette année, Tipiak prévoit un bénéfice une fois encore en nette augmentation, avec une progression de 8 à 10%.
Hausse du coût des matières premières
Sur son exercice 2005, le groupe enregistre déjà un résultat net consolidé à +22,3% par rapport à 2004, atteignant 4,6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 124 millions. Une performance entièrement due à des éléments exceptionnels (notamment la cession du site logistique de Saint-Herblain) puisque son excédent brut d’exploitation et son résultat opérationnel courant affichent respectivement un recul de 3,3% et 2,5%. En plus d’une « croissance faible », comme le souligne Gérard Sicard, directeur administratif et financier, la société a dû faire face à la hausse du coût de l’énergie mais surtout de certaines matières premières (+40% pour le prix des produits de la mer) et à la fin des allègements de charges sociales issus de la loi dite De Robien.
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Développer le froid sur l’export
Sur les trois années à venir, Hubert Grouès n’entend délaisser aucun circuit de distribution, et poursuivra la construction de la marque Tipiak « en se rapprochant d’un équilibre » entre les activités « sec » et « froid ». En 2005, alors que les ventes de produits secs du groupe ont régressé de 1%, en raison « du retrait (de la société) de certains marchés premiers prix et industriels» selon le dirigeant, le froid « a accéléré sa croissance », en bénéficiant notamment du dynamisme des circuits spécialisés (45% de la distribution), pour représenter 64% des facturations du groupe. « La progression (de cette activité) est devenue significative après plusieurs années de recentrage sur les produits à forte valeur ajoutée », explique Hubert Grouès. Dans sa volonté de « développement équilibré », le groupe de Pont Saint-Martin compte accroître la présence de ses produits « froids » (traiteur et pâtisseries) à l’export. Tipiak vise une distribution de 10 à 15% sur ce circuit contre 3% en 2005. Un choix cohérent puisque le sec y réalise déjà 22% de ses facturations.
Favoriser la croissance interne
Pour atteindre ses objectifs, la direction mise avant tout sur le renforcement des synergies entre ses deux pôles « sec » et ses deux pôles « froid » (voir encadré). « On a encore beaucoup de croisements de savoir-faire à réaliser » entre les sites industriels, estime Hubert Grouès. Tipiak compte également entreprendre de « forts investissements industriels », en engageant 30 millions d’euros sur trois ans. 9 millions sont d’ores et déjà destinés pour 2007 au développement des sites du secteur « froid ». Quant à une opération de croissance externe… « Sur les 20 dernières années, une grande part de notre croissance a été réalisée ainsi, et il y a fort à parier que nous serons sollicités dans les années à venir», reconnaît Hubert Grouès. Mais « nous avons beaucoup de projets de croissance interne qui ne devront pas être ralentis par une acquisition ». Et de toute façon, « j e n’ai pour l’instant pas de dossier alléchant sur mon bureau », conclut le p.-d.g.