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Tirer sur le pianiste

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« De nombreuses personnes font part de leur mécontentement à l’égard de la situation actuelle, aussi bien au niveau européen qu’au niveau national », ont fait mine de découvrir les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-sept réunis pour échanger leurs premières réflexions sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union. Le vote des Britanniques pour le Brexit – décision que Londres n’est au demeurant pas pressée de notifier officiellement à ses partenaires – va provoquer une réflexion sur les améliorations à apporter au processus de décision et au fonctionnement de « Bruxelles » à même de rendre l’UE plus lisible et plus proche du citoyen. Pour tenter de trouver les moyens de relever ce défi, les Vingt-sept se retrouveront en septembre à Bratislava, la Slovaquie assurant à partir du 1er juillet, et dans un climat particulier, la présidence semestrielle du Conseil (des Vingt-huit). Il est vrai par exemple, que le peu d’empressement affiché par la Commission européenne face à la crise du lait, sa volonté de poursuivre sans ciller les négociations de libre-échange avec les États-Unis et de faire ratifier le plus vite possible l’accord commercial avec le Canada, ou encore le feuilleton du glyphosate, ne donnent pas aux agriculteurs une vision très positive de l’Union. Un État membre, la France, a eu tendance à sur-réagir à la suite du référendum britannique. Son ministre de l’agriculture, estimant que « la donne a changé », a invité ses homologues à se rencontrer fin août en France pour débattre de l’avenir de la Pac. Et le syndicat majoritaire, la FNSEA, a demandé aux organisations professionnelles de l’UE d’« appeler à refonder un projet agricole européen ». Mais pas question, sans doute, de tirer sur le pianiste, l’Union n’étant que ce qu’en font les États membres.

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