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Tollé après la proposition de la Commission sur les biocarburants

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La proposition de la Commission européenne de restreindre drastiquement la part des biocarburants de première génération (G1) dans les transports entre 2021 et 2030 a soulevé un tollé dans les milieux économiques des énergies renouvelables, chez les acteurs des biocarburants mais aussi au Syndicat des énergies renouvelables (Ser), qui représente toutes les familles d’énergies renouvelables.

Le texte que la Commission a présentéele 30 novembre, portant le projet de réduire la part des biocarburants de première génération dans les transports, qui passerait de 7 % en 2021 à 3,8 % en 2030, a déclenché une réaction de rejet immédiat par les filières de biocarburants et par une ferme opposition du Ser.

Risque de fermetures d’usines

La collective de l’éthanol appelle à « amender fondamentalement » cette proposition. Dans un communiqué publié le 1er décembre, ses composantes que sont l’AGPM (maïs), l’AGPB (blé), la CGB (betterave) et le SNPAA (industriels de l’éthanol) demandent à la France et à l’UE, d’inscrire à l’horizon 2030, via le Conseil et le Parlement européens, un objectif global d’au moins 15 % d’énergies renouvelables dans les transports, dont un sous-objectif de 10 % réservé aux biocarburants de première génération issus de matières premières européennes. Les États-Unis n’hésitent pas à réserver un pourcentage d’incorporation aux biocarburants de première génération issus de matières premières locales, révisable régulièrement afin de préserver les investissements industriels de leurs filières, rappelle la collective. La collective souligne que cette baisse de moitié de la contribution de 7 % des biocarburants de première génération proposée par la Commission, obligerait « à fermer des usines françaises de bioéthanol » et réduirait la disponibilité des drêches riches en protéines pour les élevages français.

De son côté, la Confédération européenne des producteurs de maïs (CEPM) « dénonce cette proposition préjudiciable à la maïsiculture mais aussi aux investissements dans le bioéthanol », qui transforme chaque année environ 10 % (5 millions de tonnes) de maïs européen en biocarburant. Elle en rappelle les bénéfices : création d’emplois ruraux, réduction des émissions de gaz à effet de serre, renforcement de la souveraineté énergétique, renforcement de la production de protéines végétales pour l’alimentation du bétail (via les drèches).

Fop : un « coup de massue » pour les producteurs d’oléoprotéagineux

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La baisse du taux d’incorporation des biocarburants de 1ère génération de 7 % à 3,8 % en 2030, incluse dans le Paquet énergie propre de la Commission européenne, représente un « coup de massue », a considéré le 30 novembre la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux). Cela « remet en cause le principal débouché des producteurs d’oléagineux » qui ont, « sous couvert de leur filière, fortement investi depuis des années » dans des outils industriels permettant de répondre au changement climatique, selon un communiqué. Et d’ajouter que Bruxelles déstabilise la production de tourteaux, rendant l’alimentation animale « encore plus dépendante des variations de marché et des importations ».

L’alimentation animale risque d’être encore plus dépendante des variations de marché et des importations

Ser : un traitement « inacceptable » des biocarburants de première génération

Dans une déclaration publiée le 1er décembre, le Ser estime que « le traitement dans ce projet de texte des biocarburants de première génération est inacceptable ». Il « s’oppose fermement à la décroissance programmée de leur incorporation dans les carburants fossiles, mettant à mal des sites industriels et plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France ». Si le syndicat des énergies renouvelables considère, d’une manière générale, que le projet de directive constitue « une base de discussion très intéressante » en proposant des mesures de simplification des cadres réglementaires, il déplore que l’objectif de 27 % d’énergies renouvelables en 2030 « n’est contraignant qu’à l’échelle de l’Union alors que l’objectif 2020 l’était pour chaque État membre ».