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Tomate : contre le virus ToBRFV, la recherche s'organise

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Face au virus du fruit rugueux brun (ToBRFV), frappant tomate et poivron, des projets de recherche fleurissent dans le monde. L’unique solution actuelle est de détruire les plants infestés.

Dans une récente note de synthèse publiée fin octobre, le CTIFL (centre technique de l’interprofession) fait le point sur la lutte contre le virus ToBRFV (virus du fruit rugueux brun) affectant la tomate et le poivron. Un projet de recherche international vient de débuter. Financé par l’OCVV (Office communautaire des variétés végétales) et regroupant quatre offices (français, italien, espagnol et néerlandais), et quatorze sociétés semencières européennes et japonaises, il vise à évaluer s’il existe différents groupes de ToBRFV avec des virulences différentes puis de mettre en place un test de résistance de la tomate adapté au virus et définir ainsi des classes de résistances. Cela permettrait in fine la caractérisation du niveau de sensibilité d’une collection de variétés de tomates.

« Pour le moment, ce virus ne fait pas partie des maladies testées lors de l’inscription des variétés de tomate au Catalogue Officiel français, explique le CTIFL. Les conclusions de ce projet permettront entre autres la définition d’un protocole de test harmonisé officiel. L’évaluation de ce caractère pourrait alors être considérée dans le cadre de l’homologation des variétés ». Par ailleurs, au centre CTIFL de Balandran, deux essais sur tomate grappe et cerise visent à évaluer les performances agronomiques de nouvelles variétés présentées selon leur obtenteur comme « résistantes au virus ToBRFV ». Les premiers résultats seront disponibles en juin 2024.

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Toujours aucun traitement

Apparu en 2020 en France, il est particulièrement dangereux pour les plantes et très résistant. Il entraîne mosaïque et déformation foliaire, décoloration et taches jaunes sur les fruits et maturation irrégulière. Aujourd’hui, un serriste frappé par le ToBRFV doit suivre un protocole strict : destruction des cultures par enfouissement et brûlage, nettoyage et de désinfection de la serre, mise en place d’un vide sanitaire. « Aucun traitement ou aucune variété résistante n’existe aujourd’hui contre ce virus », explique le CTIFL.

Ce protocole sanitaire est n'est pas sans conséquences financières pour les serristes. Pour la campagne 2023, comme elle l’avait déjà fait en 2021, la section « Légumes frais » du Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE) a décidé d’ouvrir des programmes d’indemnisation pour prendre en charge les coûts et pertes dus à la lutte contre le virus ToBRFV (valeur des tomates détruites, coûts de lavages, de destruction et de désinfection).

Recherches sur les virus et sur les variétés résistantes