En dépit du contexte inflationniste, la coopérative bretonne Solarenn, spécialisée en tomates, a résisté en 2022, avec des ventes à +3 %. Face à la flambée de l’énergie, ses adhérents misent sur la diversification.
Le chiffre d’affaires de Solarenn, n°5 français de la tomate, a progressé de 3 % l’année dernière, à 54,5 millions d’euros, a indiqué son président Christophe Rousse jeudi 19 avril, lors d’une conférence de presse au siège de la coopérative à Saint-Armel (Ille-et-Vilaine). L’opérateur breton a commercialisé 25 000 t de tomates, issues de 24 exploitations (30 producteurs). Le marché a été bien orienté pour l’ensemble de sa gamme (40 % en grappes, 30 % en petits fruits comme en anciennes), à l’exception des petits fruits qui ont été concurrencés toute l’année par les tomates cerises marocaines. C’est un signe de résilience pour la coopérative qui fête en avril cette année ses 75 ans, ajoute en substance son président.
Toutefois, Solarenn n’a pas pu répercuter vers ses clients la hausse des charges de ses producteurs, estimée « entre 5 et 15 % selon les situations », précise Christophe Rousse. Face au renchérissement du prix de l’énergie, les serristes ont su s’adapter. Les producteurs chauffant leurs serres en cogénération (les deux tiers des structures) ou grâce à l’énergie fatale (15 %) ont connu moins de difficultés. Chez eux, le chauffage arrive en continu.
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L’AOP ne porte pas ses fruits en tomates
Il en a été autrement pour les 20 % restant de serristes qui ont conservé leur chaudière gaz classique. Ces producteurs-là « ont implanté leurs cultures de tomates en mars plutôt qu’en décembre, janvier. Leur production et leur chiffre d’affaires ont été moindres, parce qu’ils ont mis leur production sur le marché au moment où les prix s’ajustaient à la baisse. » Ils en ont profité pour diversifier leur production. L’un a substitué la tomate par des fraises, moins exigeantes en chauffage. Solarenn prévoit cette année d’en mettre 200 tonnes sur le marché avec trois serristes, contre 80 tonnes l’an passé. La coopérative développe également la culture de melons « petit gris de Rennes » et de mini-pastèques.
Sur le plan commercial en revanche, Solarenn n’a pas encore bénéficié de l’effet de masse de l’association d’organisations de producteurs (AOP) les Maraîchers français, mise en place fin 2021 pour répondre à des appels d’offres de la grande distribution pour leurs actions commerciales. « Elle fonctionne bien en concombres, parce que les principaux acteurs y sont, mais pas en tomates », observe Christophe Rousse. Environ 5 % du chiffre d’affaires de Solarenn ont été réalisés au travers de l’AOP.