Abonné

Tomates : la Commission européenne tente de rassurer sur l’accord UE/Maroc

- - 2 min

Suite aux nombreuses inquiétudes liées à l’accord UE-Maroc, la Commission européenne a souhaité le 1er septembre rassurer les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, en indiquant que 6 % de l’approvisionnement en tomates du marché européen est assuré aujourd’hui par le Maroc alors qu’il représentait 5 % en 2016. Cette très légère hausse est, selon l’exécutif européen, « une conséquence naturelle de l’accord de libre-échange ». D’autre part, Bruxelles a confirmé qu’elle n’allait pas activer une clause de sauvegarde car « les conditions pour l’imposer ne sont pas réunies ». Sur ce point, la Commission précise qu’ « il faudrait une augmentation beaucoup plus radicale et inattendue. Aujourd’hui, cela serait dommageable pour nos relations commerciales ».

Des eurodéputés loin d’être convaincus

Toutefois, pour l’eurodéputée espagnole Mazaly Aguilar (Conservateurs), « ces concessions agricoles octroyées au Maroc sont irrationnelles. En effet, en 2012, l’UE a importé 213 000 t de tomates alors qu’en 2020, on a importé 530 000 t soit une nette hausse de 143 % ». Elle explique que « la conséquence directe est l’abandon en Espagne de milliers d’hectares de production de tomates ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Lire aussi : « Tomates : des eurodéputés appellent à une révision de l’accord UE/Maroc »

De nombreux députés ont aussi soulevé le problème des différences de normes de production (normes sociales et sanitaires) qui entraînent de sérieux problèmes de distorsion de concurrence entre les producteurs européens et marocains. Ainsi, l’eurodéputé Adrian Vasquez Lazara (Centristes) demande à la Commission européenne d’envisager, au regard des objectifs fixés dans le Green deal, de mettre en place des clauses miroirs concernant les mesures sanitaires et phytosanitaires. Par ailleurs, certains eurodéputés ont demandé à la Commission de réviser les quotas d’importation suite au Brexit. À ce sujet, ils attendent que Bruxelles apporte des explications plus détaillées sur sa décision de ne pas recalculer les contingents tarifaires dans le cadre d’accords bilatéraux après la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Enfin, ils souhaitent, soupçonnant des fraudes, que la Commission puisse vérifier sur place l’étiquetage relatif à l’origine des produits maraîchers du Sahara occidental.