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Toopi Organics utilise l’urine humaine pour la culture de microorganismes utilisés en agriculture

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La solution Toopi Organics (à droite) comparée à ce qui se pratique habituellement Crédits : © Toopi Organics

Toopi Organics a développé une solution de collecte de l’urine humaine, qu’il transforme et valorise en fertilisants et engrais pour les agriculteurs. Sa première unité de production vient d’être inaugurée en Gironde et ses premiers produits seront mis sur le marché début 2023. Une levée de fonds doit être lancée pour accompagner les projets de développement.

L’utilisation comme fertilisant dans l’agriculture de l’urine humaine, riche en azote, phosphore, potassium et en micronutriments, n’est pas nouvelle. « Le recyclage de l’urine dans les champs se pratiquait il y a moins de 150 ans, mais cela s’est perdu et maintenant tout part avec la chasse d’eau, rappelle Michael Roes, président et cofondateur de Toopi Organics. Et les différentes technologies étudiées ces trente dernières années, n’étaient pas rentables. Le déclic chez Toopic a été de se servir de l’urine humaine comme milieu de culture. On peut y faire pousser toutes les gammes de bactéries et de micro-organismes, qui peuvent être utilisés ensuite comme engrais ou fertilisants dans l’agriculture ». D’où l’idée de la société de développer une solution de collecte de l’urine humaine, pour la transformer et la valoriser en biosolutions agricoles, pour lesquels quatre brevets ont été obtenus. Un process qui outre l’économie d’eau potable (1), permet aussi la diminution de la pollution des cours d’eau en aval des stations d’épurations, sans parler du fait que la production des engrais aujourd’hui est majoritairement issue de ressources non renouvelables.

La société prévoit de lever 15 millions d'euros en capital

Le 3 juin, Toopi Organics a inauguré sa première ligne de production industrielle de bio-stimulants à Loupiac-de-la-Réole (Gironde). Déjà opérationnelle, cette unité qui peut traiter 250 000 litres d’urine par an, mettra ses premiers produits sur le marché début 2023. L’objectif poursuivi par la start-up vise à installer ses unités de production dans le cadre de partenariats avec des coopératives. « Nous collectons et produisons, eux vendent », explique Michael Roes. Début 2024, Toopi Organics prévoit ainsi l’installation, via des joint-venture avec des coopératives, de cinq lignes de production opérationnelles en 2024, avant d’atteindre son objectif en 2027, de 20 unités de transformation en France, installées en périphérie des principales métropoles. Pour la récupération de l’urine, la société vise tous les gros établissements (collèges, lycées, universités, stades, aires d’autoroutes…) publics ou privés qui reçoivent du public. Après le Futuroscope près de Poitiers, elle a ainsi équipé 4 aires d’autoroute Vinci et devrait bientôt en compter 400 supplémentaires. En 2027, Toopi Organics devrait réaliser « un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros et être bénéficiaire », prévoit Michael Roes.

La start-up qui se concentre pour le moment sur le territoire national, compte déployer sa technologie à l’international, où elle est déjà très sollicitée. Des autorisations de mise sur le marché ont d’ailleurs été obtenues en Grèce et en Belgique, ouvrant ainsi la voie à la technologie de Toopi Organics à l’ensemble de l’Europe. Une levée de fonds est prévue pour assurer ces développements. « D’ici 15 jours, nous lancerons le processus auprès de différents investisseurs pour lever 15 millions d’euros en capital. Le closing est prévu en septembre », précise le président. Et Toopi Organics prévoit également des recrutements, pour arriver à 250 salariés d’ici 5 ans, contre 22 personnes actuellement.

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(1) Chaque année, en Europe, 6000 milliards de litres d’eau potable sont souillés par 200 milliards de litre d’urine (source Eurostat).