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ARTISANAT/CAFE Torréfaction de Brocéliande renoue avec la croissance

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La brûlerie artisanale de Ploërmel, Torréfaction de Brocéliande, se remet progressivement des suites de l'incendie de 2012 qui avait ravagé son outil de production. La société a dépassé le chiffre d'affaires d'avant le sinistre.

Nolwenn et Alan, co-dirigeants depuis un an et demi de l'entreprise fondée par leur père Joël Pessel, avaient la mission de relancer l'entreprise après un incendie qui a ravagé les locaux en 2012. Objectif atteint puisque Torréfaction de Brocéliande affiche déjà 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires pour l'exercice en cours (clos fin mars), soit 200 000 euros de plus qu'en 2011, un an avant l'incendie. « A l'époque, il n'y avait pas eu de chômage technique pour les 10 salariés de l'entreprise », rappelle Alan Pessel. « Nous avions torréfié le café à l'ancienne pour continuer de fournir nos clients régulièrement. Mais nous avions perdu notre outil de travail et nous étions passé de 34 tonnes de café produits par mois à seulement 21. On a fatalement perdu quelques clients ». Pourtant, aujourd'hui, le torréfacteur artisanal a la chance de reconstruire l'activité grâce à un outil flambant neuf. 1,2 million d'euros ont été investis dans le bâtiment et de nouvelles machines dernier cri. « Nous en avons profité pour agrandir le bâtiment, qui est passé de 400 m2 à 700 m2, avec plus d'espace de stockage », indique Alan Pessel.

DOPER LA PRODUCTION

Positionné dans la moyenne gamme, Torréfaction de Brocéliande a fait le choix d'axer sa stratégie sur la qualité du café au profit de la marge. « Nous produisons un café de grande qualité à un prix très abordable, note Alan Pessel. Nous jouons ainsi sur les volumes ». L'entreprise produit aujourd'hui 30 tonnes de café par mois et aimerait rapidement atteindre les 32 tonnes. Ce qui permettrait à la petite entreprise familiale et artisanale de créer un emploi supplémentaire. « Il nous faudrait pouvoir développer encore la partie commerciale » remarque Alan Pessel. Avec un autre collaborateur, il est pour l'instant le seul à savoir maîtriser l'outil de production. « Il faudrait que j'ai le temps de former quelqu'un pour pouvoir partir sur la route et rencontrer les clients». Une mission dans laquelle, Joël Pessel aide encore ses enfants pendant le temps de la transmission.

UNE MATIÈRE PREMIÈRE VOLATILE

Aujourd'hui, 75 % du chiffre d'affaires sont réalisés grâce à 8 références vendues en GMS, essentiellement dans le Grand Ouest. Les autres variétés de cafés sont dédiées aux marchés des professionnels, des collectivités, des cafés, hôtels et restaurants, des foyers logements, maisons de retraites et magasins spécialisés. Torréfaction de Brocéliande crée au total 27 références de café, issues de grains provenant de 18 pays. « Nous sommes livrés de 32 palettes de café en grains verts toutes les deux semaines », explique Alan Pessel qui surveille tous les jours le prix de sa matière première. L'important pour lui est d'acheter au meilleur prix, d'autant plus quand la matière première perd 20 % de son poids à la transformation.