Abonné

Prix du lait Toujours des tensions avec Lactalis

- - 3 min

Des éleveurs ont symboliquement porté plainte contre Lactalis dans l’Orne pour non-respect des contrats, alors que leurs organisations réfléchissent à une véritable action en justice et demandent aux pouvoirs publics de se mêler de l’affaire.

Des producteurs de lait de la FDSEA et des JA ont porté plainte contre Lactalis, vendredi 19 juillet, aux gendarmeries de Flers et Sées, dans l’Orne (61). Ces actions symboliques n’auront pas de suites judiciaires, mais avaient pour but de communiquer sur le conflit qui les oppose à leur laiterie : selon eux, Lactalis ne respecte pas les contrats signés l’année dernière, qui impose la prise en compte d’indicateurs interprofessionnels dans la fixation du prix du lait. Alors que les cours mondiaux flambent, Lactalis refuse de suivre les hausses : l’entreprise, qui a appliqué les augmentations préconisées par le médiateur des relations commerciales du ministère de l’Agriculture en avril, dit ne pas pouvoir faire plus si elle ne peut pas le répercuter à la grande distribution. Si les actions des éleveurs n’étaient que médiatiques, les organisations de producteurs étudient la possibilité d’actions en justice, bien réelles cette fois, pour non-respect des contrats.
 
Le médiateur suggère une réunion fin 2013
Dans un communiqué publié le 19 juillet, le médiateur demande une réunion entre les producteurs de lait et Lactalis, en vue de l’application des indicateurs contractuels prévus pour déterminer le prix d’achat du lait aux producteurs. « Lactalis suspend pour le second semestre 2013 l’utilisation des indicateurs prévus au contrat pour déterminer le prix d’achat du lait aux producteurs », rappelle-t-il. Mais il note que « Lactalis a amélioré sa proposition initiale en s’engageant à répercuter en sus aux producteurs toute hausse de tarifs susceptible d’être obtenue de la grande distribution à l’automne ». Le médiateur suggère que les parties en différend « fixent dès maintenant un rendez-vous pour la fin de l’année 2013 », dans le but de sortir de la situation actuelle de blocage.
 
La FNSEA demande une pression des pouvoirs publics
Xavier Beulin, président de la FNSEA, « attend que le groupe Lactalis prenne en compte les demandes des agriculteurs. Il n’est pas normal que l’un des premiers opérateurs français, pour ne pas dire mondiaux, en matière laitière, refuse aujourd’hui de s’acquitter de ce qu’il devrait faire normalement, c’est-à-dire prendre en compte les tendances de marché et pouvoir rémunérer et mieux valoriser le prix du lait aujourd’hui ». Lors d’une rencontre avec François Hollande, lundi 22 juillet, la FNSEA a « réitéré sa demande d’une pression amicale, mais d’une pression quand même, du ministre et du médiateur » auprès de Lactalis, « sous peine d’avoir des choses plus difficiles à gérer sur le terrain ». « Je pense que le président reconnaît que nous avons à faire face à une entreprise laitière qui a un rôle particulier à jouer dans la filière et que cette entreprise doit prendre aussi ses responsabilités », explique Xavier Beulin. Car les éleveurs craignent que la position de Lactalis, leader du marché, ne donne de mauvaises idées aux autres opérateurs.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.