Prévue dès l’été 2006 par les praticiens des marchés à terme du blé, la flambée des céréales a mis du temps à être prise au sérieux dans des milieux plus larges. Dix huit mois plus tard, elle s’est diffusée à l’ensemble des prix agricoles, passionnant enfin les économistes et mettant bien des gouvernements aux prises avec des poussées de violence dans les pays démunis d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Dans nos économies développées, où l’on ne sait plus ce que manquer veut dire, les politiques en faveur de l’offre agricole ont été démantelées ou n’ont misé que sur les biocarburants, déjà fort critiqués dans un tel contexte. L’industrie alimentaire, elle, s’est toujours plus préoccupée de marketing que de sourcing, ceci pour façonner une demande qui lui convienne, donc à haute valeur ajoutée, mais qui bute aujourd’hui non sur « le mur des estomacs » mais sur le pouvoir d’achat, ou le « vouloir d’achat » plutôt, tant la préférence est grande pour d’autres dépenses, de moindre nécessité. Mais, demain, ce « grand retour de l’agriculture » ne va-t-il pas faire réviser les stratégies industrielles dans l’alimentaire ? Si, comme il est probable, la nouvelle donne en amont est durable, là sont les réserves de valeur à ne plus négliger. Est-ce le monde agricole qui, fier de pouvoir relever la tête, va investir en aval, ou seuls les détenteurs de semences et de brevets de génétique animale et végétale sauront-ils en profiter ? Un autre scénario serait que les entreprises alimentaires jouent leur partition elles aussi. Instructif à cet égard sera l’emploi que Nestlé va faire du trésor de guerre tiré de la vente d’Alcon…

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