Atteinte à la biodiversité végétale, augmentation des traitements herbicides : une étude de l’Anses, avec l’Inrae et les chambres d’agriculture, égratigne les tournesols VRTH (variétés rendues tolérantes aux herbicides), dont l’efficacité n’apparaît « pas flagrante » contre l’ambroisie, une plante néfaste pour les rendements et la santé. Les scientifiques, qui ont publié leurs travaux dans la revue Weed Research, « n’ont pas noté une efficacité flagrante des VRTH dans la lutte contre l’ambroisie », selon un communiqué de l’agence du 18 mars. En cause, une tendance des agriculteurs utilisant les VRTH à cultiver surtout du tournesol, favorable à l’installation d’ambroisie, alors que ceux privilégiant des variétés classiques diversifient davantage leurs rotations.
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L’étude montre aussi une plus faible diversité des adventices à l’intérieur des parcelles. « Les agriculteurs cultivant des VRTH font plus de traitements avec des herbicides. Ainsi, ils utilisent en moyenne 1,5 dose pleine de traitement par an, tandis que ceux cultivant des variétés classiques en agriculture conventionnelle en utilisent 1,25. Cette différence peut paraître faible, mais elle suffit pour expliquer la diminution de la biodiversité. » Même si la gestion des adventices est nécessaire pour assurer la production agricole, une perte trop importante de diversité peut être préoccupante, considère l’Anses : « Les plantes adventices offrent des services bénéfiques, par exemple elles favorisent les auxiliaires de cultures », souligne Guillaume Fried, chargé de projet au sein de l’unité Entomologie et plantes invasives du laboratoire de la santé des végétaux à l’Anses. Ces auxiliaires de culture sont par exemple des insectes, qui vont aider à lutter contre les espèces nuisibles aux productions agricoles.