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Eleveurs Tous les syndicats agricoles manifestent au Sommet de l’élevage

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L’ensemble des syndicats d’éleveurs ont conduit des actions, dans le calme, durant les deux premiers jours du Sommet de l’élevage, les 6 et 7 octobre, afin d’alerter le public sur la situation de crise dans laquelle ils sont.

La Coordination rurale, la Fédération nationale bovine (FNB), l’Association nationale des producteurs de lait indépendants (Apli) et la Confédération paysanne ont fait part de la détresse des éleveurs lors de manifestations au Sommet de l’élevage, le 6 et 7 octobre. Coincé entre coûts de production en hausse et prix bas à la production, le revenu des éleveurs est descendu en chute libre avec une trésorerie des exploitations mise à mal ces trois dernières années. La Coordination rurale a initié le mouvement, le 6 octobre, en donnant 80 kg de viande fraîche, achetés à un éleveur du Gers, au Secours populaire à l’entrée du salon. « Nous nous demandons si demain ce ne sera pas nous qui irons au Secours populaire », a déclaré Jean-Marie Lethielleux, président de la section bovine de la Coordination rurale. « Donnez cette viande à ceux qui n’ont pas les moyens d’en acheter alors que nous n’avons plus les moyens de vivre de notre métier », termine-t-il en s’adressant à Nicole Rouvet, responsable régional du Secours populaire. Puis une trentaine d’éleveurs de la Coordination rurale se sont orientés vers les stands de Charal et Jean Rozé afin de demander des explications sur les prix à la production toujours en baisse et militer pour une plus grande transparence des marges.

Je vous donne ma chemise
« Comme vous allez me prendre mes vaches, mes broutards, mes jeunes bovins, je vous donne tout de suite ma chemise ! », s’exclame un éleveur, suivi de plusieurs autres venus déposer leur chemise sur les stands des abatteurs-industriels. « Les producteurs de viande bovine en colère », tel était le slogan inscrit sur la chemise rouge de très nombreux éleveurs de la FNB venus vers 15h se rassembler à l’entrée du salon sous une banderole « le Sommet de l’élevage vu du ciel ». « Nous avons voulu exprimer notre mécontentement d’autant plus que les solutions à cette crise de l’élevage bovin pourraient être déjà trouvées », explique Patrick Benezit, secrétaire général adjoint de la FNB car, selon lui, les solutions existent. Le lendemain, l’Apli a repris le flambeau en dénoncer les prix trop bas payés aux producteurs. Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, Crédit agricole, Groupama, fabricants d’aliment, FranceAgriMer, Charal…, chaque stand des organisations «responsables » de la « mort des producteurs » a donc été visité par un cortège d’une trentaine d’agriculteurs, accompagnés une partie du chemin par la Confédération paysanne. Le Centre interprofessionnel de l’économie laitière, absent de dernière minute, a vu son emplacement vide occupé par une banderole noire, signée par les manifestants et sur laquelle était inscrit « Qui sème le vent récole la tempête, 1789... 2010». La Confédération paysanne s’est séparée rapidement du cortège pour déjeuner symboliquement « sur le dos » du Crédit agricole en investissant vers midi le niveau supérieur du stand de la banque, accompagnée durant quelques minutes d’une vache en carton. Le stand Charal, situé en face du stand de la Confédération paysanne, a lui été pris d’assaut et occupé le reste de l’après-midi par ses voisins.

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