« Attaquez, il en restera toujours des traces », c’est sans doute la tactique que s’est choisie Marine Le Pen pour rebondir opportunément sur un simple et partiel reportage télévisé, consacré à l’approvisionnement en viande de l’Ile de France qui serait quasi exclusivement issu d’abattoirs halal. S’il est vrai que l’abattage dans la zone autour de Paris n’est le fait que de quatre abattoirs respectant les stricts préceptes de la religion musulmane, le raccourci induisant que toute la population francilienne est nourrie de ces seules viandes est bien rapide, et ses visées électoralistes n’auront échappé à personne. Peu lui importe, elle aura atteint son objectif, les autres candidats à la présidence de la République, y compris celui actuellement en charge de la fonction, se sont crus obligés de faire pièce à ses allégations, quitte à donner une résonnance imméritée à ce phénomène. Le problème de l’abattage rituel est négocié depuis longtemps entre les pouvoirs publics et les instances religieuses concernées, fort heureusement dans un cadre plus serein qu’une campagne électorale. Des dé-crets d’application sont d’ores et déjà prêts à être publiés en juillet. Il vaudrait mieux s’interroger sur les circuits de commercialisation des viandes, pour qu’elles soient abattues, au plus près des lieux de production, selon toutes les modalités dûment contrôlées. Un étiquetage clair et explicite de l’origine et du mode d’abattage sur les emballages serait sans doute plus intelligent que de jeter l’anathème et créer un amalgame sur l’ensemble d’une production et d’une filière qui souffre déjà suffisamment. Bref, beaucoup de bruit pour rien.
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