La décision de Donald Trump de placer à la tête de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) Scott Pruitt, un des pourfendeurs de l’action menée dans ce domaine sous l’administration Obama, est « une bonne nouvelle pour les agriculteurs qui sont menacés par la sur-réglementation de l’EPA », s’est félicité le président de l’American Farm Bureau. En revanche, un tel changement de cap est peu probable en Europe. Le verdissement des paiements directs – argument qui a servi notamment à justifier le coût de la Pac lors de la réforme de 2013 – a été instauré pour durer. Qui plus est, il pourrait être renforcé pour l’après-2020, même si ses modalités d’application doivent être simplifiées, Bruxelles jugeant que l’effort demandé pour l’instant aux exploitants n’est finalement pas très conséquent. Le régime des paiements directs en tant que tel n’est pas menacé, ce qui n’exclut pas un rééquilibrage pour mettre fin à des sur-compensations constatées ça et là, à charge pour chaque État membre d’en assurer une distribution plus équitable. Parallèlement, les outils de gestion des risques – qui ont le vent en poupe dans les réflexions et débats aujourd’hui – devraient passer à la vitesse supérieure, dans des proportions plutôt modestes toutefois, compte tenu des limites du soutien financier que l’UE pourrait leur apporter. Enfin, autre maillon de la chaîne (alimentaire) : le renforcement des pouvoirs de négociation des agriculteurs face à l’aval, et donc leur organisation, et la lutte contre les pratiques commerciales déloyales. Un vaste chantier, et de longues années de marchandages à l’ombre d’un budget européen toujours sous pression.
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