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Énergies renouvelables Toutes bonnes à prendre, sous conditions

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Toutes les énergies renouvelables (EnR) sont-elles bonnes à prendre ? Ou les principaux opérateurs énergétiques français doivent-ils focaliser leur stratégie sur certaines plutôt que d’autres ? Voici en substance, les questions posées, lors du rendez-vous mensuel des professionnels de l’énergie du 14 octobre à Paris (débat BIP-Enerpresse) aux acteurs présents, impliqués dans les EnR. La réponse est unanime. Toutes les EnR sont bonnes à prendre, surtout s’il faut atteindre l’objectif communautaire de 23 % d’EnR en 2020 dans la consommation énergétique globale, édicté dans le paquet « Energie-climat ». Mais pas n’importe comment : respecter l’environnement et participer au développement durable, optimiser les dépenses énergétiques actuelles, ou encore assurer la maturité financière et les voies de régulation après la maturité technique…

Les acteurs de l’énergie étaient invités, ce mardi 14 octobre lors du débat BIP-Enerpresse, à s’exprimer sur la question : « Toutes les énergies renouvelables (EnR) sont-elles bonnes à prendre ? ». Les réponses, venant en préambule du premier Salon international des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie et du 10 e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER) fin novembre à Paris Salon international des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie : CNIT Paris La Défense, du 17 au 22 nov 2008 ; le 18 nov, 10 e colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables , ont été consensuelles : l’ensemble des énergies renouvelables doit être sollicité. Pour traduire la volonté du président de la République Nicolas Sarkozy, qui veut faire de la France le pays leader des EnR. Surtout, pour atteindre les 20 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) nécessaires pour atteindre l’objectif communautaire de 23% d’EnR en 2020 dans la consommation énergétique globale. Le paquet « Energie-climat » de la Commission de Bruxelles, qui fixe ces objectifs « très ambitieux » selon le SER, devrait être adopté, avant la fin de l’année. Pour les pouvoirs publics, « les EnR permettent une sécurité environnementale et d’approvisionnement », comme l’a rappelé le chargé de mission Energie-climat auprès de la Commissaire générale au développement durable, Richard Lavergne.

Plus de polémique avec les biocarburants de 2 e génération

Production de chaleur, d’électricité, biocarburants… Il faut donc explorer et exploiter toutes les EnR à notre disposition. Mais pas n’importe comment.

D’abord en respectant l’environnement et le développement durable. Concernant les « bio »carburants ou carburants verts, si la polémique concernant les risques de compétition alimentaire « relève de l’émotionnel », selon André Antolini, président du SER, d’ici 2015, les progrès faits sur les biocarburants de 2 e génération devraient la dissiper. Car en utilisant les résidus de culture, non alimentaires, « les états d’âme n’auront plus de raison d’être », souligne t-il. « Pour l’instant, les biocarburants de 2e génération représentent 1/3 de l’offre, et les industriels sont encore confrontés à des efforts de recherche importants », précise Gilles Cochevelou, directeur R&D de la branche gaz et énergies nouvelles de Total. Le directeur marketing et innovations de Primagaz, François Chatelain, appelle de son côté les professionnels à étudier de manière globale les gains possibles en termes d’efficacité énergétique. « D’abord optimiser les systèmes énergétiques en place chez les particuliers, notamment l’isolation et les systèmes de chauffage, avant d’installer des systèmes en EnR (panneaux solaires, géothermie…). Ensuite, adapter la solution énergétique à la région de production, de manière à éviter les nuisances nouvelles. Les objectifs européens seront atteints plus rapidement, les économies réelles et l’impact sur l’environnement maîtrisé »

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Energies renouvelables, « levier du rebond économique »

Il faut aussi assurer la maturité financière et stabilité réglementaire des solutions énergétiques techniquement prêtes pour permettre aux industriels d’investir. Claude Nahon, directrice du développement durable et de l’environnement chez EDF, explique que les pouvoirs publics doivent prévoir « le financement permettant aux EnR d’atteindre leur maturité financière, une fois leur maturité technologique atteinte ».

Pour André Antolini, « les EnR, dont toutes les courbes de croissance décollent, peuvent être le levier du rebond économique », après le passage d’une crise financière qui aura des répercussions sur les derniers trimestres de 2008 et les années à venir. Car « l’économie verte » a un effet sur la croissance mondiale. Ces dernières années, « elle a permis de créer 2,3 millions d’emplois dans le monde, et dans celles à venir, rien que pour le solaire, on en attend 6 millions de plus. En prévision, plus de 20 millions d’emplois seront générés, et le secteur des EnR produira un flux financier de 630 milliards de dollars ». Pour le secteur agricole, l’utilisation de la biomasse en production d’énergie (biocarburants surtout, l’électricité verte restant une niche confrontée à « un problème de régulation » d’après Claude Nahon) devrait permettre de créer 12 millions d’emplois dans le monde, selon A. Antolini.