Pour alléger le budget de l’Etat, rien de mieux que de transférer des missions à des agents privés. Les différentes hypothèses retenues pour réaliser des économies budgétaires, montrent bien que cette tentation est grande. Déjà, le service public de l’équarrissage a été pour l’essentiel, confié à des entreprises privées. Aujourd’hui, on envisage de confier des missions remplies naguère par des offices agricoles à des interprofessions privées : l’analyse des marchés, le financement de recherches et d’expérimentations, la promotion des produits, l’orientation des filières, etc. Ailleurs, c’est aux Chambres d’agriculture que l’on est en train de confier des tâches qui étaient celles des Adasea, en voie de disparition.
Au fond, il se passe aujourd’hui dans ces domaines ce qui s’est passé lorsque l’Etat a confié à des communes, départements ou régions toute une série de services publics.
Le problème, c’est que l’on sait quand les responsabilités sont transférées mais on sait moins quand les moyens financiers pour y faire face le sont. S’ils le sont un jour, d’ailleurs.
On comprend bien que la promotion de produits agricoles soit naturellement dévolue à des organismes privés. On comprend moins s’il s’agit de recherche, en génétique par exemple, recherches qui sont censées bénéficier à tous et qu’il faut peut-être orienter dans le sens du service à la société. Le cas des OGM nous a montré que la recherche publique doit être puissante si l’on veut déboucher sur des produits socialement utiles. Au nom des économies budgétaires, l’Etat risque de se priver de leviers d’actions dont il regrettera de ne plus disposer demain. Tout en surchargeant des organismes privés de responsabilités dont le coût dépasse leurs moyens.

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