L’euro devait faire le bonheur des peuples. Beaucoup ont déchanté depuis, les consommateurs qui, privés brutalement de repères, ont soupçonné une valse des étiquettes peut-être supérieure à ce qu’elle a été, les salariés qui ont perdu en pouvoir d’achat pour des raisons plus complexes que strictement monétaires, et les entreprises dont la compétitivité à l’étranger a pâti entre autres de la politique de l’euro fort.
Pensant en recueillir plus tard des dividendes dans l’opinion, Nicolas Sarkozy avait focalisé un moment l’attention sur la cherté des produits courants dans les grandes surfaces et fait pression sur les industriels et les distributeurs pour obtenir des baisses. A ce feu de paille a succédé le long chantier de la réforme de la loi Galland. Les Cassandre n’ont pas manqué qui ont agité, dès l’adoption de la loi Dutreil, le spectre d’une guerre des prix comme aux Pays-Bas, susceptible chez nous de faire des morts dans les deux camps.
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Or, au bout d’un an d’application, chacun semble s’être accommodé des nouvelles règles du jeu, ce qui explique sans doute pourquoi les acteurs sont devenus si silencieux à présent. Comme l’observe le président de l’Ilec, les transitions et les étapes qui ont été aménagées sont à mettre à profit pour réfléchir à la suite. Industriels et distributeurs, qui ne semblent pas plus prêts les uns que les autres à jeter aux orties la notion de seuil de revente à perte, ont tout intérêt à se mettre autour d’une table pour proposer au prochain législateur des pistes convergentes d’amélioration. Et pour se donner eux-mêmes des règles de bonne conduite qui seraient enfin durables.