Piquée au vif par son échec cuisant sur la question du temps de transport des animaux il y a tout juste cinq ans, la Commission européenne entend bien revenir à la charge avant la fin de son mandat. Ses services mettent la dernière main à un projet qu’ils savent « controversé » avant même sa publication. Ils envisagent, de façon assez radicale d’ailleurs, d’empêcher tout déplacement de bestiaux au-delà de 9 heures de route, s’ils sont acheminés vers leur destination finale, l’abattoir. Une telle limite ira immanquablement à l’encontre d’habitudes bien rodées au sein de la filière animale et qui font que vingt millions d’animaux sont déplacés sur de plus ou moins longues distances chaque année avant d’être mis à mort. L’emploi dans les régions d’élevage sera inévitablement favorisé au détriment des abattoirs situés à proximité des grands bassins de consommation. Grosso modo, la norme proposée correspond à une distance maximale de 550 kilomètres en bétaillière. A ce stade, le bien-être des animaux est la seule motivation avancée par la Commission. Mais ce projet reflète l’hostilité grandissante à l’égard du transport de bétail. Pour des raisons environnementales, de confort des animaux mais aussi à cause des risques sanitaires inhérents à tout déplacement de bêtes. La multiplication des convois n’accroît-elle pas les risques de contamination par tel ou tel virus ? Bruxelles n’évoque pas pour le moment cet argument. Mais il y a fort à parier qu’il ressurgira au plus fort de la négociation. Notamment s’il s’agit de convaincre des pays tels que la France ou l’Italie fortement marqués par l’expérience de la fièvre catarrhale. Ou d’autres plus traumatisés encore par la grippe aviaire.
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