Le détachement de salariés en Europe doit être mieux contrôlé, a défendu la commission des affaires européennes du Sénat à la suite d’un rapport rendu public le 23 avril, notant une « explosion de la fraude au détachement », qui concernerait jusqu’à 300 000 personnes pour la France seulement.
En théorie, le détachement de salariés répond « au besoin de travailleurs spécialisés en vue d’effectuer une tâche de nature complexe dans un autre Etat membre confronté à un manque de main d’œuvre dans ce domaine précis », indique un rapport réalisé, pour la commission, par le sénateur communiste du Nord Eric Bocquet, et rendu public le 23 avril. Une directive européenne de 1996 (96/71) encadre ces détachements. Elle prévoit notamment que le « noyau dur » des règles du pays d’accueil s’applique (salaires, conditions de travail...) mais que les cotisations sociales sont dues dans le pays d’origine. Mais dans les faits, la Commission européenne reconnaît elle-même que le nombre de travailleurs détachés est difficile à évaluer. La Commission estimait leur nombre à 1 million en 2009, un chiffre qui atteindrait 1,5 million aujourd’hui, écrit le sénateur, une progression qui « reflète notamment l’intérêt en période de crise, pour des travailleurs à quitter leur pays d’origine ». Plus de la moitié des détachements (55%) concernent l’industrie et la construction, mais les secteurs comme l’agriculture et les transports sont aussi particulièrement concernés.
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