Abonné

Bien-être animal Treize membres de l’UE en infraction sur la législation « poules pondeuses »

- - 4 min

La Commission européenne a lancé le 26 janvier une procédure d’infraction contre la France, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal et la Roumanie pour non-respect de la législation sur le bien-être des poules pondeuses. Une lettre de mise en demeure leur a été adressée. Ils disposent désormais de deux mois pour se conformer à la directive bien-être animal.

La Commission européenne a lancé, le 26 janvier, une procédure d’infraction contre treize Etats membres (France, Belgique, Bulgarie, Chypre, Espagne, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Roumanie) pour non-respect de la législation sur le bien-être des poules pondeuses au 1er janvier 2012. Bruxelles a adressé à chacun de ces pays une lettre de mise en demeure, « les invitant à lui fournir des informations et à prendre des mesures pour remédier à des carences dans l’application de la législation européenne sur le bien-être animal ». Cette lettre constitue la première étape de la procédure. Les États membres disposent de deux mois pour y répondre. À défaut d’une réponse satisfaisante, la Commission leur adressera un avis motivé, les invitant à prendre les mesures nécessaires pour se conformer à la directive dans un délai de deux mois.
« Les États membres disposaient de douze années pour assurer une transition en douceur vers le nouveau système et appliquer la directive. Or, à ce jour, et malgré les appels répétés de la Commission, les États membres précités ne se sont pas pleinement conformés au droit de l’Union », regrette la Commission européenne. Le fait que certains Etats « ne remplissent pas leurs obligations légales a bien entendu des conséquences sur le bien-être des animaux, mais il peut également entraîner des distorsions du marché et une concurrence déloyale », souligne la Commission. En attendant la mise aux normes complète, la Commission européenne tolère que les œufs issus de cages non conformes soient écoulés sur le marché intérieur des Etats dans la transformation industrielle.

Le Royaume-Uni aussi pourrait être visé
Au total 14% des poules pondeuses européennes ne répondent pas aux critères de bien-être fixés par Bruxelles (750cm2 par poules, perchoirs, nids et griffoirs à disposition…), soit 47 millions d’animaux sur les 330 millions que compte l’Union européenne. Malte qui, dans un premier temps, faisait partie des Etats visés par la Commission, a fourni des éléments jugés satisfaisants, ne figure plus sur la liste (les poules illégales ont été abattues). Par contre un quatorzième Etat pourrait se voir adresser une lettre de mise en demeure : il s’agit du Royaume-Uni qui avait annoncé que tous ses élevages étaient en règle mais s’est finalement aperçu que 1% de son cheptel ne respectait pas les normes européennes. Londres s’est engagé à résoudre le problème. Si ce n’est pas fait, la Commission lancera une procédure d’infraction le mois prochain. En France, 8% du cheptel, soit 93 élevages, n’est pas aux normes. En Italie, 18 millions de poules pondeuses sur les 39 millions du pays seraient dans l’illégalité. La République tchèque a d’ores et déjà, bloqué les importations d’œufs en provenance de Pologne. Et l’Allemagne a prévenu qu’elle ne tolèrera pas de concurrence illégale, notamment des Pays-Bas, alors que les producteurs allemands ont procédé aux investissements requis.
Les actions de la Commission ne se limitent pas à cette procédure d’infraction. A partir du printemps, des inspecteurs de l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) vont se rendre dans les Etats membres afin de vérifier la bonne mise en application de la directive.
Par ailleurs, Bruxelles devrait présenter un point au mois de mars sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la réglementation sur le bien-être des truies gestantes qui entre en application le 1er janvier 2013. L’objectif de ce point d’étape est d’inciter les États membres à agir pour éviter que de nouvelles procédures d’infraction soient lancées l’année prochaine pour non-respect de la réglementation.

(1) Voir n° 3333 du 16 janvier et n° 3334 du 23 janvier

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
bien-être animal
Suivi
Suivre