Le plan Ecophyto 2018 avance. La liste des substances actives qui feront l’objet d’un retrait à la vente pour 2008 est désormais connue. Le comité d’orientation qui s’est réuni le 29 janvier a également réfléchi à la mise en œuvre d’indicateurs permettant d’évaluer une réduction de 50 % des pesticides.
Le comité d’orientation du plan Ecophyto 2018 s’est réuni le 29 janvier au ministère de l’Agriculture. Il a précisé la liste des 30 molécules qui feront l’objet d’un retrait d’autorisation de mise en marché d’ici le 1 er février 2008. 27 de ces molécules ne seront plus autorisées à la distribution à compter du 30 avril 2008. Elles seront interdites à l’utilisation à partir du 31 décembre 2008. Il s’agit de substances relativement vieilles. Certaines comme l’alachlore ou l’aldicarbe n’étaient pas réinscrites à l’annexe I de la directive européenne 91/414 : elles devaient donc tôt ou tard disparaître du paysage français. D’autres faisaient déjà l’objet de restriction d’usage. Dans certains cas, le retrait était programmé, mais à moins brève échéance. Beaucoup de ces molécules étaient utilisées en vigne, en arboriculture ou en cultures maraîchères.
Trois molécules autorisées à la vente jusqu’au 31 décembre 2008
Trois molécules pourront être commercialisées jusqu’au 31 décembre 2008, faute de produits de substitution disponibles pour l’instant. Leur utilisation sera autorisée jusqu’au 31 décembre 2009. Il s’agit de la carbendazime, du molinate et du dinocap. Le plan des retraits reste à compléter. 53 molécules doivent être retirés d’ici 2012, la liste étant basée sur le plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides (Pirrp). Deux groupes restent à définir, l’un fixant les retraits avant le 31 décembre 2010, l’autre fixant ceux intervenant avant le 31 décembre 2012.
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Le comité d’orientation s’est également penché sur les indicateurs qui pourraient être mis en œuvre pour mesurer la réduction de 50 % de « l’usage des pesticides », demandée par Nicolas Sarkozy le 25 octobre à l’issue du Grenelle de l’environnement. Le 20 décembre dernier, le comité opérationnel avait auditionné trois experts sur le sujet. Un tableau de bord contenant quatre indicateurs est en réflexion. Ceux-ci reposent sur la quantité de substance active commercialisée. Elle est considérée en valeur absolue ou pondérée, soit par la dose d’homologation, soit par la toxicité, soit par les deux paramètres en même temps. Les calculs n’auront rien de simple. La dose d’homologation, par exemple, dépend de la culture sur laquelle le produit est appliqué.
Indicateurs à construire
Les experts doivent désormais travailler sur la façon de construire ces indicateurs, mais également sur leur pertinence, évaluée probablement au regard des années passées. Peut-être faudra-t-il également valider le fait que ces calculs s’inscrivent dans une logique « matière active », non dans une logique « produits », qui semblait être celle du président de la République. Le comité d’orientation a par ailleurs réfléchi sur un indicateur de pratique. Est pour l’instant retenu l’indicateur de fréquence de traitement (IFT), qui ne fait pas l’unanimité chez les professionnels. Il servirait d’intermédiaire avant l’élaboration d’un indicateur d’impact. Mais ce travail ne sera pas effectué tout de suite. Une nouvelle réunion du comité opérationnel est prévu pour la semaine du 4 février. Les experts n’auront pas de quoi chômer.