Abonné

Produits laitiers/Acquisition Triballat-Noyal étend son réseau de crémiers haut de gamme

- - 4 min

Le laitier Triballat-Noyal se porte acquéreur de la coopérative Ugalait, un groupement d’achat de crémiers parisiens et provinciaux, basée à Thiais, près de Rungis, en déficit de plus de 500 000 euros, par une augmentation de capital et le passage du statut de coopérative à celui de société à actions simplifiées. Le laitier breton, au chiffre d’affaires de 230 millions d’euros, s’intéresse plus au réseau de crémiers haut de gamme d’Ugalait, qu’au volume de son activité, de 15 millions d’euros par an.

Le laitier Triballat-Noyal investit dans le fromage haut de gamme. L’entreprise familiale de Noyal-sur-Vilaine vient de reprendre la coopérative Ugalait, groupement d’achat de crémiers parisiens et provinciaux, basée à Thiais, près de Rungis, en proie à de sérieuses difficultés financières. Via sa filiale « Fromagers de tradition » la société procède à une recapitalisation « très significative » d’Ugalait, faisant passer de 200 000 à 1,5 million d’euros son capital. Le 17 octobre, les 150 crémiers « actionnaires-coopérateurs » de cette structure étaient réunis en assemblée générale pour prendre connaissance du schéma de rapprochement des deux structures. La coopérative va se muer en société par actions simplifiées (SAS), avec comme président Roland Barthélémy, actuellement à la tête d’Ugalait, et « une nouvelle direction générale, dissociée, placée sous la responsabilité de Triballat-Noyal », indique Noël Vanier, directeur financier de la société bretonne.

Si l’acquisition d’une coopérative est une première pour le groupe laitier, cette opération s’inscrit dans une politique de « rachat, depuis plus de vingt ans, de petites entreprises de tradition pour maintenir et développer des outils de production proches du terroir», explique Noël Vanier. Avec 15 millions de chiffre d’affaires annuels, l’activité de la future ex-coopérative reste effectivement bien modeste au regard des 230 millions de Triballat-Noyal. Selon Noël Vanier, Ugalait ne représenterait pas de nouveaux débouchés, la société y vendant déjà certains des produits de ses fromageries. « C’est avant tout le réseau de crémiers et son potentiel de développement qui nous intéresse», explique le dirigeant. Avec cette opération, Triballat-Noyal cherche à étendre un peu plus son réseau de producteurs de fromages haut de gamme. Pour Noël Vanier, investir dans cette « haute couture de l’industrie fromagère », selon l’expression de Roland Barthélémy, reste avant tout « une question d’éthique ». Pour redresser Ugalait, Triballat-Noyal devrait maintenant « recentrer l’entreprise sur son cœur de métier, le fromage de crémier haut de gamme. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

coopérative
Suivi
Suivre

Une coopérative en difficulté depuis 2004

Une activité en baisse depuis plus d’un an a fini par creuser un trou de 500.000 euros dans les comptes d’Ugalait. Depuis 2004, la coopérative n’avait d’autre choix que de chercher de nouveaux financements. Dans un premier temps, la société Odéon, grossiste à Rungis, s’était mise sur les rang, à la fin du mois d’août. Ce n’est qu’après son retrait, le 19 septembre, que Triballat-Noyal est entré en scène. Après l’avis favorable du Conseil supérieur de la coopération au changement de statut rendu la semaine dernière, l’administration doit entériner l’opération par un arrêté publié au Journal officiel. De son coté, l’assemblée générale d’Ugalait a déjà avalisé l’abandon du statut de coopérative le 19 septembre, juste avant que la société Odéon ne se désengage.