Les Français sont curieux : alors même que l’on est censé fêter les 50 ans du Traité de Rome et donc de l’extraordinaire création qu’a été l’Union européenne, voilà le débat politique présidentiel qui se greffe sur l’identité nationale et le drapeau de la nation.
Les agriculteurs devraient-ils, plus que d’autres, se sentir concernés par ce débat ? C’est certain. Faut-il qu’ils mettent, aux portes de leurs fermes, un drapeau tricolore ? On ose croire que la plupart hisseraient plutôt le drapeau étoilé de l’Union européenne. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’une fois encore, le congrès de la FNSEA place son plus intéressant débat sur la place de l’agriculture au sein de l’Europe. Les paysans français, depuis le début des années soixante, ont vécu et se sont modernisés grâce à l’Europe. Les uns grâce au marché commun devenu marché unique, les autres du fait des subventions européennes, d’autres encore en raison de la préférence communautaire.
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Certes, en 2005, une majorité d’agriculteurs ont semble-t-il voté non au référendum sur la constitution. Mais le sens de ce non a souvent été mal interprété. Ce n’est pas moins d’Europe qu’ils veulent mais plus d’Europe, et en tout cas pas le « moins d’Europe » que l’avenir semble leur réserver.
Reste à savoir comment justifier cette demande. Cela se fera sans doute par la preuve que les soutiens à venir seront efficaces pour mettre en valeur les territoires, en préserver l’environnement et la qualité des produits. En faisant le lien entre Bruxelles et le terroir, les agriculteurs pourraient, pour les sujets qui les concernent, montrer le chemin vers ce qu’on pourrait nommer une « nation européenne ».