Une enquête de l’association UFC-Que Choisir remet en cause les chiffres avancés par le gouvernement pour justifier l’efficacité de l’opération de « trimestre anti-inflation », menée avec les distributeurs.
Le « trimestre anti-inflation » a-t-il vraiment poussé les distributeurs à baisser leurs prix ? La réponse est "non" selon l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir. Une enquête publiée le 15 mai montre que, dans trois des cinq enseignes participantes, les prix ont « légèrement augmenté » entre le 23 mars et le 10 mai. Il s’agit d’Intermarché, Casino et Système U, avec des hausses moyennes entre 1 % et 1,5 %. Chez Carrefour, les prix sont stables. Chez Auchan, ils sont en très légère baisse (-0,3 %), mais l’enseigne est celle « qui avait auparavant accusé la plus forte hausse », rappelle l’UFC.
Cette étude a été menée sur un « large échantillon de produits » concernés par le dispositif. Elle vient contredire les chiffres avancés par le gouvernement, qui défend l’efficacité du dispositif. La ministre déléguée au Commerce Olivia Grégoire avait affirmé, le 10 mai, que les prix des produits concernés avaient baissé de 13 % en moyenne « depuis sept semaines ». « Malheureusement, cette déclaration est fausse », affirme l’UFC. Pour le gouvernement, c’est la méthodologie de l’association de consommateurs qui ne tient pas. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire la qualifie de « malhonnête ». L’opération « trimestre anti-inflation » a commencé le 15 mars : « il faut donc comparer les prix avant le 15 mars et les prix après le 15 mars », estime-t-il.
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Système U prolonge jusqu’à fin 2023
Selon les précisions données par le cabinet d’Olivia Grégoire à l’AFP, le chiffre donné par la ministre correspond « à l’évolution des prix » entre la semaine du 6 mars et du 24 avril sur les produits concernés par l’opération dans les magasins des enseignes participantes, à l’exception d’Intermarché. Contacté par l’AFP, le directeur de l’Observatoire de la consommation à l’UFC-Que Choisir Grégory Caret, a expliqué avoir pris la ministre au mot en remontant de sept semaines pour rechercher une baisse. « Nous pouvons faire le même exercice depuis le 1er mars, on trouve les mêmes résultats à l’exception de l’enseigne Casino qui a effectivement baissé ses prix à ce moment-là », assure-t-il.
À côté de cette bataille de chiffres, le gouvernement pousse les distributeurs à prolonger le dispositif après le 15 juin. Ce sujet était à l’ordre du jour de la réunion entre Bercy et les représentants de la grande distribution, le 11 mai. À l’issue du rendez-vous, les distributeurs n’ont pas pris de décision commune. Comme en février, le groupement coopératif Système U est le premier à sortir du bois. Il prolongera l’opération sur un panier de 150 produits vendus « à prix coûtant » jusqu’à la fin de l’année 2023.