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Coopératives/Fusion Triskalia veut consolider avant de se projeter

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A l’issue de son premier conseil d’administration, le 15 juin, Triskalia, le nouveau groupe coopératif breton issu de la fusion de Coopagri Bretagne, Eolys et CAM 56 (plus de 2 milliards d’euros de CA dont 20 % à l’export) n’a pas fait de révélations fracassantes au sujet de sa stratégie future.

Les priorités d’investissements et les décisions qui ne manqueront pas d’intervenir au plan social – le groupe compte 6000 salariés et 300 sites industriels et commerciaux actuellement – n’ont pas été données. Interrogé sur ce point, le directeur général du groupe, Dominique Ciccone, a juste indiqué qu’il y aurait « un développement progressif » en légume d’industrie et dans la filiale de transformation des volailles, Ronsard. Il a aussi laissé entendre que Triskalia pourrait à l’avenir « s’intéresser à de nouveaux métiers », sans plus de précisions.
Triskalia possède en propre des activités industrielles dans la nutrition animale (Nutréa avec Terrena), en légume d’industrie (Gélagri en association avec Bonduelle) et en volaille de chair (Ronsard) et ainsi que différentes participations, dans Socopa-Bigard en viande, et dans Laïta en lait.
En fait, il faudra attendre encore quelques mois pour en savoir plus sur les orientations stratégiques futures de ce groupe. D’abord parce que Triskalia n’a vu le jour que le 11 juin, lorsque les adhérents des trois coopératives ont donné leur feu vert au projet de fusion. Ensuite parce que ce n’est qu’à l’automne prochain que les autorités de la concurrence valideront la fusion des trois coopératives.
Avec 20 000 adhérents – les deux tiers des agriculteurs bretons –, Triskalia est l’exact reflet de l’agriculture bretonne, tant en productions animales (lait, viande bovine, porc, volaille-chair et œufs) que végétales (céréales, légumes frais, légumes industrie). Par conséquent Triskalia concentre aussi tous les maux subis par l’agriculture.

Démarrage prévu à l’automne
« En optimisant et en regroupant les moyens, la finalité de Triskalia est (…) de pérenniser une agriculture compétitive et durable, et donc de contribuer à la sécurisation du revenu des adhérents », note le groupe. Aussi l’ancrage territorial des trois coopératives fondatrices va-t-il être renforcé aux côtés de branches « métiers », et l’offre de services et de produits aux agriculteurs sera segmentée. Triskalia veut ni plus ni moins jeter les bases d’un nouveau modèle coopératif, celui du XXIe siècle – le « produire mieux » – par opposition au modèle du « produire plus », sur lequel ses trois coopératives ont prospéré durant le XXe siècle, a dit en substance Denis Manach, son président.
L’ancien président de Coopagri Bretagne a été élu le 15 juin à la tête de Triskalia, pour un mandat de trois ans. A la direction générale, Dominique Ciccone, également un homme de Coopagri Bretagne, s’appuie dès à présent sur un comité exécutif formé de huit directeurs dont deux directeurs généraux adjoints, Patrice Leloup et Philippe Michard, actuels directeurs généraux d’Eolys et CAM 56. En effet, Triskalia ne démarrera ses activités qu’après le feu vert des autorités de la concurrence, normalement à l’automne.

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