L’histoire des normes privées en agriculture peut se résumer en trois grandes phases, comme l’explique Eve Fouilleux, politiste du centre d’études politique de l’Europe latine (Montpellier).
« Il y a eu trois grands types de normes environnementales et agricoles jusqu’ici. Une première vague dans les années soixante-dix, avec la promotion d’un projet social alternatif, la bio, le commerce équitable, le tout supporté par des pratiques militantes et distribués dans des réseaux spécialisés. La deuxième vague, dans les années quatre-vingt-dix a été portée par les distributeurs eux-mêmes, et ces normes sont devenues obligatoires pour accéder au marché, en dépit de leur caractère a priori « volontaire ». Le troisième type de normes est né au début des années 2000, ce sont les normes qu’Eve Fouilleux appelle « de type RSPO » (Roundtable on Sustainable Palm Oil) portées par le complexe réunissant ONG et industriels (Uniliver, Rabobank…) et permettent d’élaborer des normes par produits qui veulent s’inscrire dans une démarche de développement durable sur une réthorique «inclusive et participative». « Aujourd’hui, on assiste à des tentatives de synthèse mondiales de toutes ces normes, que ce soit par l’ONG ISEAL Alliance ou par le Forum des Nations unies sur les standards sur développement durable (UNFSS) » détaille la chercheuse dressant sommairement la liste des dispositifs. Des normes pour la plupart issues du privé auxquelles s’ajoutent les normes « publiques » descendantes et… obligatoires celle-là.
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