Si l’on n’avait pas de motifs économiques de défendre notre agroalimentaire, ne faudrait-il pas se battre encore plus fort pour sa cause ? Les activités qui se déploient « de la fourche à la fourchette » tiennent à peu près la route grâce aux richesses générées. Mais les avantages qu’elles induisent de façon collatérale sont nom-breux, non seulement pour l’économie, également pour la vitalité du territoire, la convivialité chez nous et le rayonnement culturel à l’étranger. La meilleure démonstration en est faite désormais chaque année par les « Trophées de l’Esprit alimentaire français » dont les principaux bénéficiaires sont de très grands talents étrangers – « des passeurs de culture », parce que de vrais amoureux de ce qui nous est le plus intime, la cuisine et le goût.

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Tout de même, il y a des failles dans ce système agroalimentaire français, voire des menaces très précises à l’encontre de ce qui a été bâti ces dernières décennies. Elles sont surtout de nature économique mais pas seulement. Il serait a priori de l’intérêt général de chercher à colmater ces brèches et à écarter les « scuds » qui le prennent pour cible. Ce qui suppose de s’aimer soi-même – « sans arrogance » bien sûr, comme l’a demandé Michel Barnier à la remise de ces Trophées dans les salons des Affaires étrangères -, mais au moins autant que le font nos admirateurs venus de loin. L’« esprit alimentaire », c’est cette ouverture, mais aussi l’indépendance, la souveraineté alimentaire. Cela ne relève pas des seules célébrations ou incantations, mais aussi, et beaucoup plus, d’une vraie politique économique, financière, agricole et industrielle. En est-on si sûr tous les jours ?