Des chercheurs de l’Inrae ont réussi à cultiver de la truffe blanche en Nouvelle-Aquitaine, et à vérifier la persistance du champignon dans le sol pendant trois à huit ans. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la filière.
L’Inrae et les pépinières Robin ont annoncé, le 16 février, avoir réussi à cultiver de la truffe blanche d’Italie (Tuber Magnatum Pico) pour la première fois en France. « Sur une des truffières que nous avons étudiées, située en Nouvelle-Aquitaine, nous avons trouvé des truffes en 2019 et 2020 », a déclaré le chercheur à l’Inrae Claude Murat lors d’un point presse. Cette avancée est détaillée dans un article paru le 15 février dans la revue scientifique Mycorrhiza : la production de truffes a commencé « 4-5 ans après la plantation » et le champignon blanc a été récolté « sous différents arbres ». Une réussite d’autant plus significative « que l’on ne connaît pas de présence naturelle de Tuber Magnatum en Nouvelle-Aquitaine », a ajouté le chercheur. Autrement dit, les truffes blanches récoltées dans le Sud-Ouest ne résultent pas d’un heureux hasard mais bien d’une plantation réussie. « Ce résultat démontre que la culture de la truffe blanche est possible », souligne Claude Murat.
Maintien dans le sol
Autre découverte des scientifiques : le précieux champignon blanc persiste dans le sol pendant plusieurs années. L’équipe de Claude Murat a implanté des plants d’arbres truffiers (chênes pubescent et charme) mycorhizés avec Tuber Magnatum Pico, produits par les pépinières Robin, sur cinq sites en France. « Nous avons confirmé par des analyses ADN que la truffe blanche se maintenait bien dans le sol trois à huit ans après la plantation », a révélé Claude Murat.
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L’Inrae compte maintenant analyser et reproduire l’itinéraire technique du trufficulteur néo-aquitain ailleurs en France et en Europe pour mieux connaître l’écologie du champignon et les facteurs nécessaires à sa fructification, glisse Claude Murat. En l’état actuel des connaissances, on sait que la truffe blanche pousse dans des sols composés de sable (30 à 50 %), de limon (20 à 40 %) et d’argile (environ 20 %), avec un PH « entre 7,5 et 8,2 », explique le chercheur. Elle a besoin d’un sol calcaire (20 % en moyenne), poreux, profond et humide toute l’année, poursuit-il. « Et puis, il ne faut pas que la température monte trop haut : 20 à 25 degrés maximum. C’est pour ça qu’on trouve souvent Tuber Magnatum dans les fonds de vallée, dans les endroits où c’est assez ombragé. »
Les pépinières Robin (Hautes-Alpes) qui travaillent à la production de plants truffiers mycorhizés avec Tuber Magnatum Pico depuis une vingtaine d’années commercialisent les plants « sous licence et contrôle de l’Inrae » depuis six ou sept ans, a indiqué son président Bruno Robin. Il a précisé qu’un plant mychorizé avec de la truffe blanche se vend 80 à 90 euros, contre 12 à 15 euros pour un plant mycorhizé avec de la truffe noire.