Européens et Américains ont achevé le 6e cycle des discussions sur l'accord de libre échange transatlantique à Bruxelles vendredi 18 juillet. Les opposants à ce traité critiquent le manque de transparence des négociations. Les chefs des délégations américaines et européennes se sont défendus lors d'une conférence de presse.
LE 6e round de discussions entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur un accord de libre-échange transtlantique s'est achevé vendredi 18 juillet à Bruxelles, sur fond de critiques concernant le manque de transparence des négociations. « Nous avons eu des discussions intenses » et « très techniques », mais « c'est nécessaire pour que des décisions politiques puissent être prises plus tard », a expliqué le chef de la délégation européenne, Ignacio Garcia Bercero, au cours d'un point de presse à l'issue de cinq jours de travaux.
L'une des questions les plus controversées est celle des tribunaux d'arbitrage, les juridictions de droit privé appelées à trancher les différends entre États et multinationales. La Commission a lancé une consultation publique pour savoir si ce thème devait faire partie des négociations. La consultation vient de se terminer et a suscité « près de 150 000 réponses », dont l'analyse ne devrait pas être terminée avant novembre, a indiqué Ignacio Garcia Bercero.
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Passé au gril par les eurodéputés de tous bords, particulièrement critiques sur le manque de transparence des négociations, le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht avait promis « d'injecter plus de transparence dans le processus », et appelé les États membres à publier le mandat de négociation donné à la Commission. « Nous ne rendons pas public le texte précis de négociation », a reconnu le chef de la délégation américaine Dan Mullaney, tout en insistant sur le travail d'information réalisé auprès du public. « Nous reconnaissons que nous pouvons faire mieux », a-t-il cependant ajouté.
Les inquiétudes, des deux côtés de l'Atlantique, portent sur la crainte d'une érosion des normes sociales, environnementales et de santé. « Notre premier principe est que rien ne sera fait pour abaisser nos standards », a insisté Ignacio Garcia Bercero. Dan Mullaney a promis lui aussi que rien « ne saperait la capacité de nos gouvernements à réguler pour protéger les consommateurs, les travailleurs et l'environnement ». L'UE espère conclure les négociations l'an prochain, avant la fin du second mandat du président Barack Obama. Une fois pleinement mis en œuvre, le TTIP pourrait stimuler l'économie européenne de 120 milliards d'euros par an, et l'économie américaine de 95 milliards, assure Bruxelles.