Alors que le groupe de vins et spiritueux MBWS a trouvé un accord de financement avec son principal actionnaire la Cofepp, des actionnaires minoritaires sont montés au créneau. Ils veulent s’assurer de l’équité des informations et des décisions entre tous les actionnaires. Le cabinet Ledouble, nommé en qualité d’expert indépendant, doit rendre son rapport avant le 31 janvier 2019, date de l’assemblée générale visant à statuer sur les projets en cours.
En pleines difficultés financières, le groupe Marie Brizard Wines & Spirits (MBWS) doit aussi faire face à la fronde de certains actionnaires minoritaires. En effet, à l’issue du projet de prêt, suivi d’une augmentation de capital réservée à la Cofepp (propriétaire du groupe de vins et spiritueux La Martiniquaise) dévoilé le 24 décembre 2018, plusieurs minoritaires sont montés au créneau pour demander la nomination d’administrateurs et d’experts indépendants chargés d’établir que l’équité entre tous les actionnaires sera bien respectée dans le cadre des opérations à venir (Agra Alimentation du 10 janvier 2019). Le 3 janvier, BDL Capital Management détenteur de 7,1 % du capital de MBWS, a ainsi déposé auprès du conseil d’administration un projet de résolution sur la mise en place d’un comité ad hoc. De son côté, Colette Neuville, mandatée par des investisseurs institutionnels et l’association d’actionnaires minoritaires Asamis, demandait dans un courrier adressé le 9 janvier à l’Autorité des marchés financiers (AMF) la nomination d’un expert indépendant. "L’information financière donnée par la société durant les dernières années fait l’objet d’interrogations, voire de suspicions, sur son exactitude et sa sincérité", justifie ainsi Colette Neuville, figure bien connue des boursiers dans les dossiers de défense des minoritaires.
Le rapport de l’expert attendu avant l’AG
Des demandes qui ont été entendues par le conseil d’administration de MBWS. Ce dernier a en effet confirmé le 10 janvier avoir "nommé le cabinet Ledouble en qualité d’expert indépendant chargé de rendre une attestation d’équité sur l’augmentation de capital réservée à Cofepp". Et d’ajouter également avoir décidé de la mise en place d’un comité ad hoc composé d’administrateurs indépendants qui sera "chargé d’interagir avec l’expert indépendant et de rendre un avis au conseil d’administration". Le rapport de l’expert indépendant sera mis à disposition des actionnaires en amont de l’assemblée générale (AG) convoquée pour le 31 janvier 2019, est-il ainsi précisé.
L’expert devra donc lever les doutes soulevés par Colette Neuville, afin que les actionnaires puissent voter en toute connaissance de cause lors de l’AG. L’une des conditions suspensives à la réalisation de ce projet de financement porte sur l’obtention d’une dérogation à l’obligation de lancer une OPA par la Cofepp, qui est obligatoire dès le franchissement du seuil des 33%. Outre ses interrogations sur la qualité de l’information financière, Colette Neuville évoque "l’existence de conflits d’intérêts majeurs entre la société et son actionnaire principal". La Cofepp aujourd’hui actionnaire de 29,47 % du capital, détiendrait entre 37 % et 47 % de son concurrent à l’issue de l’augmentation de capital réservée, ce qui reviendrait "à une prise de contrôle de MBWS, mais sans payer le prix", conclu Colette Neuville.
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Démission annoncée de Benoît Hérault
MBWS indique par ailleurs que Benoît Hérault a annoncé son intention de démissionner de son mandat de président du conseil et d’administrateur "à l’issue de la réalisation de l’une des deux options prévues par l’accord ferme signé avec la Cofepp". De son côté, Andrew Highcock, le nouveau directeur général arrivé en octobre dernier, doit toujours présenter son plan stratégique dans le courant du premier trimestre 2019.
En revanche, dans ce même communiqué, le conseil d’administration de MBWS indique ne pas avoir donné une suite favorable à plusieurs projets de résolutions présentés par sept actionnaires minoritaires détenant ensemble environ 1 % du capital. Ces refus ont notamment été justifiés par les difficultés financières dans lesquelles se trouve actuellement la société qui nécessitent d’une part "une certaine stabilité dans ses organes de direction afin notamment de s’assurer de la continuité dans la stratégie de redressement de la société", mais aussi de ne pas mettre "en péril l’accord conclu avec Cofepp et les engagements de financements en fonds propres nécessaires à l’exploitation de la société".