L’accord final de retrait du Royaume-Uni devrait inclure la protection réciproque des indications géographiques (IG) et assurer la continuité des relations commerciales avec les pays tiers. C’est ce que réclame en priorité SpiritsEurope, le lobby européen de l’industrie des spiritueux.
Les perturbations que pourrait provoquer le départ du Royaume-Uni de l’UE sans un accord commercial, douanier et réglementaire avec l’UE risquent d’être extrêmement préjudiciables pour le secteur des spiritueux européens. Ses dirigeants citent volontiers quelques exemples de ces chambardements potentiels : les producteurs britanniques pourraient ainsi ne plus être en mesure d’accéder au système communautaire de mouvement et de contrôle des produits soumis à accises (EMCS) (1). Le dédouanement et les déclarations d’exportation et d’importation pourraient être exigés pour les mouvements Royaume-Uni-UE et vice versa, ce qui entraînerait une augmentation soudaine des procédures administratives, des retards aux frontières ou des délais de livraison et de transport de produits plus longs.
Raisons pour lesquelles SpiritsEurope, le porte-voix de l’industrie des spiritueux de l’UE, monte au créneau : "La version finale de l’accord de retrait du Royaume-Uni de la famille européenne devrait inclure la protection réciproque des indications géographiques, des règles et procédures convenues pour éviter une frontière dure sur l’île d’Irlande et assurer la continuité des relations commerciales avec les pays tiers", a notamment souligné Ulrich Adam, le directeur général de SpiritsEurope.
Les producteurs européens de spiritueux plaident pour le maintien de la protection totale des indications géographiques européennes au Royaume-Uni sans réexamen supplémentaire. Pour eux, la reconnaissance et la protection mutuelle des IG des deux côtés de la Manche est « un pilier clé pour le commerce des spiritueux à haute valeur ajoutée ». Les producteurs de spiritueux européens considèrent également que l’accord de retrait du Royaume-Uni devrait garantir l’application de règles et de procédures permettant d’éviter une frontière dure sur l’île d’Irlande, tout en limitant les obstacles au fonctionnement du marché intérieur du Royaume-Uni.
Forte croissance des exportations irlandaises
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Car, disent-ils, parmi les spiritueux européens, les spiritueux irlandais se distinguent par leur croissance fulgurante des exportations au cours des dernières années, « une croissance qui s’est appuyée sur une chaîne d’approvisionnement entièrement intégrée et soutenue par les trois célèbres IG : Irish Whiskey, Irish Cream et Poitin ». Ils plaident aussi pour des procédures transparentes en matière de TVA et d’accises entre l’UE et le Royaume-Uni, en particulier en vue de protéger les chaînes d’approvisionnement intégrées de l’ensemble de l’Irlande.
En ce qui concerne les relations futures, le lobby européen demande que la déclaration politique accompagnant l’accord de retrait donne mandat aux négociateurs de parvenir à un accord commercial UE-Royaume-Uni approfondi et global garantissant le libre-échange, une concurrence loyale et le maintien de la confiance des consommateurs. Pour lui, le commerce entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni doit être aussi fluide que possible, en particulier sur l’île d’Irlande. Raison pour laquelle il serait nécessaire de mettre en place « des procédures douanières prévisibles et solides, avec une introduction progressive en cas de nouvelles dispositions ». Mieux : « Une période de transition est nécessaire pour permettre la négociation avec le pays tiers que deviendra le Royaume-Uni sur la poursuite de nos relations commerciales », a conclu Ulrich Adam.
e l’UE, des droits d’accises doivent être payés sur les alcools au point de consommation final et tant que ces marchandises transitent vers leur destination finale aucun droit d’accises n’a encore été acquitté. Le système électronique de l’EMCS permet aux États membres de suivre les mouvements de ces produits en temps réel, afin de s’assurer que les droits sont correctement perçus à la destination finale.