Abonné

UE-Canada : un rapprochement qui fait un mécontent

- - 3 min

Ursula von der Leyen a proposé au Canada de devenir le premier membre associé de l’UE. Ce nouveau format, dont les contours ne sont pas encore clairs, a provoqué l’ire du président américain qui menace de couper les liens commerciaux avec l’UE.

À l’occasion du traditionnel discours sur l’état de l’Union, qui s’est déroulé le 16 septembre au cours de la session plénière à Strasbourg, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a proposé au Canada de devenir « le premier membre associé de l’UE », actant ainsi le rapprochement entre les deux parties. « Nous partageons un océan, un ensemble de valeurs et une façon de voir le monde. Et nous bâtirons à présent notre avenir commun », a ainsi précisé Ursula von der Leyen. Une idée saluée par le Premier ministre canadien Mark Carney. « Le Canada accueille favorablement cette ambition, et je peux vous dire que les sondages montrent qu’une écrasante majorité de Canadiens soutient des liens beaucoup plus étroits avec l’Europe », a-t-il déclaré le 17 septembre devant le Parlement européen. Toutefois, le statut de membre associé évoqué pour le Canada n’est pas juridiquement défini par les traités européens. Au niveau commercial, ce rapprochement et la volonté « de passer du CETA à une alliance pour l’avenir » posent également la question du futur de l’accord de libre-échange. Dix pays de l’UE, dont la France, l’Italie et la Pologne, n’ont toujours pas ratifié cet accord, en partie en raison de contestations dans le monde agricole.

Lire aussi : Ceta : une étude montre l’impact modéré sur les filières sensibles européennes

« Le Canada est un ami proche et un partenaire stratégique de l’Europe. Le renforcement de cette alliance nous rend tous deux plus forts dans un monde imprévisible », a déclaré de son côté le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen. Et d’ajouter que cela signifie « plus de débouchés pour nos agriculteurs et producteurs et davantage de Canadiens qui profitent de l’excellence des produits de l’UE ». En 2025, l’UE a exporté pour 5,1 milliards d’euros de produits agroalimentaires vers le Canada, enregistrant un excédent commercial de 718 millions d’euros.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Courroux trumpien

Le resserrement des liens canado-européen n’est évidemment pas du goût du président américain Donald Trump, en guerre commerciale ouverte avec son voisin canadien depuis son retour aux affaires en janvier 2025. Il a même menacé de rompre les échanges commerciaux avec l’UE en réaction à son projet de faire du Canada le premier pays membre associé de l’UE qu’il a qualifié de « ridicule ». « S’ils font cela, si j’estime qu’il s’agit d’un acte hostile, j’imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l’Europe », a-t-il lancé à des journalistes l’interrogeant sur le sujet, selon l’AFP. De son côté, la Commission européenne tente de jouer l’apaisement. « La proposition de renforcement de notre partenariat avec le Canada n’est dirigée contre personne », a d’ailleurs souligné à l’AFP Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne en charge du Commerce.

FM