L’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur, entré en vigueur provisoirement depuis le 1er mai, continue de susciter les inquiétudes. Après la gestion des contingents tarifaires agricoles, c’est au tour de l’utilisation des pesticides d’être sur le devant de la scène. Dans un communiqué de presse publié le 15 juin, la Confédération européenne des producteurs de maïs (CEPM) appelle une nouvelle fois les dirigeants français et européens à mettre en place une véritable réciprocité des normes dans le cadre de l’accord UE-Mercosur, en raison du risque sanitaire, commercial et concurrentiel qu’il fait peser. Point de départ de leur demande : la publication, le 26 mai, d’un article du journal brésilien Folha de São Paulo qui met en avant les résultats d’une étude de l’administration brésilienne mentionnant 306 cas de dépassement des seuils de détection de pesticides autorisés par l’UE.
Le CEPM considère que ces révélations sont « une nouvelle preuve de l’absence totale de contrôle de l’UE qui laisse rentrer sur [son] territoire du maïs qui ne respecte pas [ses] normes ». Les maïsiculteurs européens ajoutent « que les limites maximales de résidus ne sont pas suffisantes pour mettre en place une réciprocité des normes puisque de nombreuses substances actives sont utilisées pendant le cycle de production ». Au-delà, ils avancent que les écarts réglementaires entre les parties créent une distorsion de concurrence majeure. Le CEPM évalue à 100 €/t l’écart de coût de production entre un maïs français et un maïs brésilien produit dans l’État du Mato Grosso, au détriment des producteurs européens.
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En parallèle, le Brésil est déjà dans l’œil du cyclone à Bruxelles pour ne pas avoir fourni la garantie qu’il n’utilisait pas d’antibiotiques en tant que promoteurs de croissance dans la production de viande bovine. Le pays se retrouvera donc dans l’incapacité d’exporter vers l’UE à compter de septembre s’il ne se met pas en conformité.