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UE-Philippines : un accord commercial aux contours encore incertains

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Les principales discussions autour de l’accord commercial UE-Philippines sont à présent finalisées, et un compromis a été conclu entre les parties. Un texte dont le contenu reste pour le moment assez flou, même si Bruxelles promet de nouvelles opportunités pour le secteur agroalimentaire européen. Ce nouveau traité commercial représente une étape supplémentaire dans le développement de la stratégie de l’UE vers l’Indo-pacifique.

Dans le cadre de sa stratégie de diversification entreprise depuis la montée des tensions géopolitiques internationales, la Commission européenne a franchi, le 22 septembre, une nouvelle étape. En effet, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a annoncé une percée importante dans les négociations commerciales avec les Philippines menant à la conclusion d’un compromis de principe entre les parties. Peu de détails ont pour le moment filtré concernant le contenu de cet « accord substantiel » et Bruxelles se refuse à fournir davantage d’informations tant que les discussions au niveau technique n’ont pas été pleinement finalisées. « C’est une excellente nouvelle et une opportunité majeure pour les exportateurs de l’UE », assure néanmoins Maros Sefcovic. D’une manière générale, il est annoncé que 94 % des lignes tarifaires vont être libéralisées couvrant plus de 97 % des marchandises des deux côtés.

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Au niveau agroalimentaire, l’exécutif européen se félicite d’avoir obtenu la libéralisation de lignes tarifaires ou certaines préférences commerciales pour des « exportations clés », citant principalement la viande porcine, la volaille ainsi que les produits laitiers et spiritueux. Le vin et l’huile d’olive européens devraient également bénéficier de l’accord. À l’inverse, des secteurs sensibles pour l’UE, tels que le riz, la viande bovine, le sucre, l’éthanol, l’ail et les bananes, devraient être exclus des concessions. En outre, la Commission européenne précise que le compromis inclut également la protection d’une liste de près de 200 indications géographiques de l’UE présentant « un intérêt commercial significatif ». Bruxelles promet aussi des règles transparentes sur les mesures sanitaires et phytosanitaires et les barrières techniques au commerce. « Dans l’attente de tous les détails, nous sommes encouragés par les résultats positifs annoncés pour l’agroalimentaire européen », ont réagi les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) dans un message publié le jour même sur le réseau social X. Et elles espèrent en parallèle des avancées sur la régionalisation, notamment. En 2025, la balance commerciale agroalimentaire a été largement positive pour l’UE vis-à-vis des Philippines avec environ 2 milliards d’euros d’exportations contre 1,4 milliard d’euros d’importations.

Tournés vers l’est

Les pourparlers entre l’UE et les Philippines avaient repris fin 2024 après une longue pause de sept ans en raison des inquiétudes vis-à-vis de la politique menée par le président philippin d’alors, Rodrigo Duterte. Les parties vont à présent pouvoir finaliser les négociations techniques, en particulier sur les modalités de mise en œuvre et les derniers détails, en se fondant sur cet accord de principe avec la volonté de donner un coup d’accélérateur. « Nous avons chargé nos équipes de conclure officiellement l’accord dans les prochains mois, afin que les entreprises et les particuliers des deux parties puissent en ressentir les avantages au plus vite », a d’ores et déjà indiqué Maros Sefcovic. Et une fois le texte bouclé, il suivra le processus classique de conclusion des accords commerciaux. Il devra, à ce titre, obtenir l’assentiment du Parlement européen.

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Ce nouvel accord s’inscrit dans la stratégie plus globale de la Commission européenne visant à étendre son influence dans la région indo-pacifique. Le commissaire Slovaque a ajouté être focalisé sur les relations commerciales avec l’Asie du Sud-Est, qualifiée de « région incontournable », avec dans le viseur les pourparlers avec la Malaisie et la Thaïlande. Un objectif soutenu par plusieurs parties prenantes dont le Comité européen de liaison pour le commerce agricole et agroalimentaire (Celcaa) mais qui inquiète d’ores et déjà les betteraviers européens (Cibe) qui demandent l’exclusion du sucre des discussions commerciales avec la Thaïlande.

FM