Dans la perspective du sixième sommet UE/Union Africaine prévu à Bruxelles les 17 et 18 février, Kolyang Palebele, membre de l’organisation panafricaine des agriculteurs, a indiqué le 24 janvier devant les eurodéputés qu’« il était important de revoir l’approche d’intervention en milieu rural tout en encourageant la compétitivité des produits agricoles locaux ». Invité par la commission du commerce international du Parlement européen à participer à une audition publique sur les relations UE-Afrique en matière de commerce et d’investissement, il a ajouté que « l’Afrique devrait cesser d’importer massivement des produits agricoles de l’UE, tels que les poulets congelés qui concurrencent les produits africains dans le cadre des accords de partenariat économique et commercial. Ce n’est pas normal, ça détruit l’agriculture africaine ».
Rapporteur sur un projet d’avis sur l’avenir des relations commerciales UE-Afrique, l’eurodéputé Luke Flanagan, qui appelle à aller au-delà de la relation donateur-bénéficiaire, a souhaité en savoir davantage sur les principales pressions exercées sur l’agriculture africaine. Il se demande si la Pac peut être érigée comme un modèle à suivre. Sans apporter des éléments explicites aux interrogations de l’eurodéputé, Kolyang Palebele a toutefois alerté sur la nature des relations commerciales et économiques en critiquant le phénomène d’accaparement des terres à grande échelle. « Cela ne favorise pas le développement de l’agriculture familiale, les petits producteurs souffrent beaucoup. Ce sont de grandes entreprises européennes et américaines qui viennent investir et qui ont supprimé tous ces petits producteurs, ce n’est pas bon », prévient-il.
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Par ailleurs, dans son avis, Luke Flanagan rappelle l’importance des relations commerciales bilatérales puisque les exportations agroalimentaires de l’UE vers l’Afrique sont évaluées à 17,6 Mrd € et les importations en provenance d’Afrique évaluées à 16,5 Mrd € en 2020.