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UE/Australie : la ratification australienne de l’accord reste en suspens

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Il n’y a pas qu’en Europe que l’accord commercial UE/Australie suscite la polémique. En Australie, le gouvernement et l’opposition bataillent sur ce sujet, rendant la ratification incertaine. La principale force d’opposition reproche au gouvernement de ne pas avoir suffisamment pris en compte les intérêts agricoles.

L’avenir de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Australie, dont la fin des négociations a été annoncée en grande pompe le 24 mars à Canberra (Australie), pourrait déjà être mis en péril en raison de batailles entre les principales forces politiques australiennes. À l’occasion d’un discours devant le Conseil général de la Chambre de commerce et d’industrie, le 26 août, le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a en effet reconnu que la finalisation de l’accord de libre-échange avec l’UE par son pays n’était pas gravée dans le marbre. « Ces dernières années, la ratification pouvait sembler simple, voire acquise […] Mais il est devenu évident que l’adoption de ce nouvel accord par le Parlement n’est pas garantie », a-t-il ainsi déclaré. En cause : la menace de blocage du texte dans l’hémicycle par la coalition des principaux partis politiques d’opposition. « Je tiens à être clair : il n’y aura pas de seconde chance avec l’UE si nous choisissons de nous retirer de cet accord », a toutefois prévenu Don Farrell, incitant les représentants des entreprises à faire du lobbying auprès des parlementaires en faveur de la ratification.

Opposition frontale

Une demande qui a suscité l’ire de Matt Canavan, chef du parti National (Conservateurs) et membre de la coalition d’opposition. Ce dernier considère que le texte est « une trahison des agriculteurs australiens ». Il reproche notamment au gouvernement travailliste d’avoir ouvert son marché aux producteurs européens en supprimant les droits de douane alors que les principales exportations agricoles australiennes (notamment la viande rouge), de leur côté, resteront soumises à des quotas et des tarifs douaniers. « Ce n’est pas un véritable libre-échange », conclut-il.

Lire aussi : Accord UE/Australie : Bruxelles poursuit son ouverture de marchés

L’opposition appelle donc à une renégociation de l’accord. Dans le texte final, les Australiens ont obtenu un volume de viande bovine de 30 600 tonnes réparti en deux quotas mis en œuvre de manière graduelle sur une période de dix ans avec un tiers du volume disponible à l’entrée en vigueur puis maintenu stable pendant cinq ans. Un résultat loin des revendications et des attentes de l’industrie australienne de la viande rouge qui plaidait pour un contingent minimum de 50 000 t de viande bovine.

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Selon les médias australiens, le soutien des Verts, dont la position n’est pas encore définitive, pourrait à présent s’avérer essentiel pour le gouvernement dans l’optique de parvenir à la majorité nécessaire à la ratification du texte. Mais pour l’heure, le passage au Parlement reste hypothétique. L’accord commercial doit encore être formellement signé par les parties.

FM