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UE/Canada : l'étable et l'érable

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L’attitude adoptée par certains députés lors du vote du Parlement européen sur l’accord commercial entre l’UE et le Canada (CETA) symbolise parfaitement le problème que pose à l’agriculture la libéralisation des échanges. Défenseurs du secteur, les Français Michel Dantin et Angélique Delahaye se sont résolus à s’abstenir, alors que, globalement, ils étaient sur la ligne de leur groupe politique, le PPE (démocrates-chrétiens), c’est-à-dire favorables à cet accord. Des états d’âme qui ont beaucoup plus fortement divisé le groupe socialiste. « Nous croyons fondamentalement que le CETA est équilibré pour l’Europe, dans son volet général comme dans son chapitre agricole », confirment les deux parlementaires dans une déclaration commune, opinion d’ailleurs partagée par le Copa-Cogeca qui réunit les organisations majoritaires et les coopératives agricoles des Vingt-huit. Mais, regrettent-ils, « des doutes subsistent » quant à son impact sur les producteurs européens de viande bovine, produit pour lequel l’UE va ouvrir graduellement un contingent d’importation à droit nul, comme ce sera le cas pour d’autres produits sensibles. Et, à l’inverse, poursuivent-ils, le CETA « peut constituer une opportunité » pour ces mêmes producteurs en leur ouvrant le marché canadien. Mais, pour que cela soit le cas, Bruxelles devrait « proposer un plan de compensation et de structuration » de ce secteur, comme Ottawa le fait pour les éleveurs laitiers. En l’absence d’un tel soutien, les deux eurodéputés se sont donc abstenus lors du vote du Parlement européen qui va permettre la mise en œuvre prochaine, mais partielle et provisoire, de l’accord bilatéral. Agriculture et libre-échange, une cohabitation décidément très incertaine.  

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