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UE/États-Unis : Bruxelles se félicite à nouveau de la hausse des importations européennes de graines de soja américaines

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Voulant montrer une nouvelle fois la bonne volonté européenne face à Donald Trump, la Commission de Bruxelles souligne que les États-Unis sont désormais le principal fournisseur de graines de soja de l’UE, avec une part de marché de 52 %.

La Commission européenne a publié le 20 septembre des chiffres montrant que les États-Unis sont devenus le principal fournisseur de graines de soja de l’UE, avec une part de marché de 52 % contre 25 % l’année dernière à la même période. Ils devancent le Brésil (40 %), suivi par le Canada (2,3 %), le Paraguay (2,3 %) et l’Uruguay (1,7 %).

Les tensions commerciales entre Washington et Pékin pèsent sur le prix du soja américain dont la Chine est habituellement le premier importateur (12 milliards € en 2017), mais qui est frappé depuis juillet d’une taxe de 25 % aux frontières de ce pays. Ces tensions se sont amplifiées le 24 septembre avec l’entrée en vigueur de nouvelles taxes douanières américaines de 10 % sur 200 Mrd $ de biens chinois, la Chine rétorquant avec l’imposition de droits punitifs de 5 à 10 % sur 60 Mrd $ de biens américains (1).

Un accroissement des échanges convenu en juillet

À l’issue de leur rencontre à Washington le 25 juillet, Donald Trump et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avaient publié une déclaration conjointe dans laquelle les deux parties conviennent d’accroître les échanges dans plusieurs domaines et pour plusieurs produits, notamment les graines de soja (voir encadré).

Déjà, début août, un premier rapport de Bruxelles, couvrant les cinq premières semaines de la campagne de commercialisation en cours, faisait état d’une augmentation de 280 % par rapport à l’année précédente des importations européennes de graines de soja américaines, à 360 000 tonnes (2).

Les nouvelles données que vient de publier la Commission montrent que, par rapport aux 12 premières semaines de la campagne 2017 (juillet à mi-septembre), ces importations sont en hausse de 133 %, à 1 473 749 tonnes.

(1) Voir n° 3660 du 24/09/18

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(2) Voir n° 3656-3657 du 03/09/18

(3) Voir n° 3659 du 17/09/18

« Écarter un risque de conflit commercial majeur »

Répondant de nouveau, le 20 septembre, à une question écrite parlementaire sur le sujet, la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström réaffirme que l’« accord politique » du 25 juillet avec les États-Unis, qui « écarte un risque de conflit commercial majeur », envisage des « négociations bilatérales d’accès au marché » uniquement sur « les tarifs industriels » (3).

Cet accord « et toute négociation commerciale ultérieure sont sans lien avec l’accord de partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) », souligne-t-elle encore.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a appelé le 25 septembre, à la tribune de l’Onu, à New York, à ne plus signer d’accord commercial avec les pays qui ne respectent pas l’accord de Paris sur le climat. « Ne signons plus d’accords commerciaux avec les puissances qui ne respectent pas l’accord de Paris », a-t-il déclaré, sans citer nommément les États-Unis qui en sont sortis en 2017.